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lundi 1 février 2016

Where'd you go, Bernadette

Where’d you go, Bernadette – Maria Semple

Phoenix (2012)

Bernadette Fox, une architecte visionnaire qui n’exerce plus depuis que la famille a déménagé à Seattle, a disparu de chez elle, alors que son mari cherchait à la faire interner, en raison de son comportement excentrique. Sa fille, Bee, veut comprendre ce qui s’est passé et ne peut accepter que cette disparition soit entièrement volontaire.

C’est une histoire pleine d’originalité, aussi bien par le fond que par la forme. Bernadette est un personnage hors du commun, une femme dont la créativité ne peut plus s’exprimer, exposée aux exigences et à la curiosité malsaine de ses voisines de Seattle, délaissée par son mari, Elgin, trop impliqué dans son travail chez Microsoft pour comprendre le désarroi de sa femme. La crise que va traverser toute la famille est déclenchée par un projet de voyage en Antarctique, que ses parents ont promis à Bee en récompense de ses exceptionnels résultats scolaires.

Quant à la forme, elle consiste en la narration des évènements par Bee, entrecoupée par des échanges d’ e-mails ou de courriers entre les différents protagonistes : Bernadette et son assistante virtuelle indienne, les voisines Audrey Griffin et Soo-Lin Lee-Segal, cette dernière travaillant en étroite collaboration avec Elgin chez Microsoft, les responsables de l’école que fréquente Bee qui attendent une implication forte des parents d’élèves, d’anciennes relations professionnelles de Bernadette, les services secrets, Elgin et le Dr Janelle Kurtz la psychiatre à laquelle il s’adresse quand il se rend compte du trouble où se trouve Bernadette et des conséquences de ses actes.

Tout cela apporte un rythme très rapide à une histoire qui va bien au-delà d’un simple « pétage de plomb », qui force à s’interroger sur les faux-semblants, sur le risque lié à la propagation de la rumeur, sur le danger de ne pas être dans la conformité. Beaucoup d’humour dans ces démêlés conjugaux et de voisinage, et une critique acerbe des nouvelles habitudes de virtualisation et d’externalisation et des dérives qu’elles entrainent. Et encore, à cause de l’anglais, je suis bien certaine d’avoir manqué beaucoup de l’ironie de ces péripéties.

Un roman rafraichissant, moderne et satirique que je conseille. Il est publié en français sous le titre Bernadette a disparu chez Plon et chez 10/18.


D'autres avis chez Kathel, Brize, Keisha, Clara et sur Babelio.

mardi 28 octobre 2014

Mad about the boy

Mad about the boy – Helen Fielding
Editeur : Jonathan Cape (Octobre 2013)

Dans ce troisième épisode des aventures de Bridget Jones, la situation a bien changé. Bridget a cinquante et un ans, elle est veuve et élève seule ses deux enfants depuis la mort accidentelle de Marc Darcy, cinq ans auparavant. Quand le livre démarre, Bridget a une relation amoureuse avec un jeune homme de vingt-neuf ans, et elle s’interroge sur la nécessité de le présenter à ses enfants. Débute alors un long flashback pour expliquer comment elle en est arrivée là, après une vie de nonne depuis son veuvage. Sous l’influence de ses amis, Bridget a décidé de reprendre sa vie de femme en main et de chercher l’âme sœur. Tout a commencé évidemment par un régime, et puis Bridget a dû se mettre aux nouveaux outils de communication, Twitter, site de rencontres, etc. Elle a voulu également retrouver une activité professionnelle et a commencé à écrire un scénario pour adapter la pièce d’Ibsen, Hedda Gabler, en la transposant à Londres, de nos jours. De ce côté-là, ce n’est pas simple non plus pour Bridget, car le producteur veut absolument que l’histoire se déroule en Californie, sur un yacht.

Voilà rapidement résumé ce gros livre de 400 pages, bien trop long à mon goût, et que j’ai failli abandonner à plusieurs reprises. Il a fallu que je me convainque de l’intérêt de lire de l’anglais pour persévérer dans cette succession de gags loufoques et répétitifs, d’où émerge péniblement un peu de sensibilité dans les pages qui traitent de sujets plus sérieux : l’éducation des enfants et leurs difficultés à vivre sans père,  la place de la femme veuve dans la société et la sortie du deuil, la relation amoureuse avec un homme plus jeune.

Évidemment, avec Bridget Jones, je m’attendais à de la fantaisie, et j’aurais été déçue s’il n’y en avait pas eu. Mais il y a aussi beaucoup de longueurs qui nuisent au rythme, ça tourne un peu en rond et puis, sur la fin, les évènements se précipitent. Lorsque Bridget comprend qu’elle est amoureuse d’un homme qu’elle rencontre très souvent et qu’il partage peut-être son inclination, tout est expédié en vingt pages. Bref, une déception. Il paraît qu’une adaptation cinématographique de cet épisode est en cours. Peut-être que l’histoire passera mieux au cinéma. Mais sur le papier, cette fois, trop d’invraisemblances ou de redites. Dommage !

Lu dans le cadre du challenge Romancières Américaines de Miss G.
 

mardi 18 mars 2014

The thing around your neck

The thing around your neck – Chimamanda Ngozi Adichie
Fourth Estate (2009)
Publié en français chez Gallimard sous le titre Autour de ton cou.


J’ai souvent du mal avec les nouvelles, je reste sur ma faim car je trouve que l’histoire aurait nécessité un développement plus important ou alors je ne rentre pas dans l’histoire car elle se termine trop vite à mon gré.
Mais, une fois n’est pas coutume, je ne peux faire aucun de ces reproches au recueil de Chimamanda Ngozi Adichie, que j’ai lu en anglais, au hasard d'un emprunt. 

Je n’ai eu aucun mal à saisir l’ambiance de ces nouvelles qui, pour onze d’entre elles, mettent en scène des femmes Nigérianes, dans leur pays natal, ou bien ailleurs en Afrique, ou encore émigrées aux États-Unis.
Dans Cell One, qui ouvre le recueil, une adolescente découvre son frère sous un jour nouveau alors qu’il est emprisonné parce qu’on le soupçonne d’appartenir à une secte. A travers ce qui lui arrive, toute la famille va être confrontée à l’horreur quotidienne de l’oppression. C’est une histoire glaçante, qui raconte en peu de mots la réalité d’un régime autoritaire et corrompu.
Dans The private experience, deux femmes se réfugient pendant une longue nuit dans une boutique dévastée, alors que des émeutes mettent la ville à feux et à sang. L’une est une étudiante chrétienne, en vacances chez sa tante, elle a perdu sa sœur dans la bousculade générale. L’autre, musulmane, est une vendeuse de légumes, et c’est sa fille qui a disparu. Tout les sépare et pourtant, durant ces heures qu’elles vont passer ensemble, effrayées et vulnérables, elles vont établir un lien de solidarité et une prise de conscience de leurs situations respectives.
Dans Ghosts, un vieil homme habitué à parler au fantôme de sa femme décédée, croit également voir le fantôme d’un ami, qu’il croyait mort depuis la guerre du Biafra. Mais l’ami est bien vivant, il a survécu aux combats et tous deux évoquent ensemble les années passées.
Dans The Arrangers of Marriage, une jeune épousée, dont le mariage a été arrangé, arrive aux  États-Unis avec son mari, qu’elle croit médecin aisé et intégré. En fait, il est encore interne, a du mal à joindre les deux bouts et n’assume pas du tout son identité. Il insiste pour qu’elle ne parle qu’anglais, qu’elle adopte comme lui un prénom américain et renie leur culture et leurs traditions. La jeune femme va néanmoins trouver dans ce nouveau pays les ressources pour s’émanciper et découvrir la liberté.
J’ai été très émue par The American Embassy : Une femme vient déposer une demande d’asile politique à l’ambassade des Etats-Unis. Son mari a dû quitter le pays et son jeune fils a été tué. Mais elle ne peut se résoudre à se servir de la mort de son fils pour justifier sa demande et rebrousse chemin. 

En fait, il faudrait les citer toutes, ces douze nouvelles qui en disent tant sur la société nigériane, sur les  femmes et les hommes de ce pays, sur la guerre du Biafra qui est évoquée à plusieurs reprises, et qui semble avoir laissé des traces dans l’histoire du pays. Je dois avouer que j’aurais été incapable de situer cette guerre au Nigéria, bien que je me souvienne de ces photos d’enfants affamés qui étaient insoutenables.

En cherchant un peu sur la Toile, j’ai trouvé de nombreuses références à la littérature Nigériane, comme ici, par exemple, ce qui m’a donné des idées de lecture, pour changer des auteurs que je lis habituellement et sortir des sentiers battus.

Pour ceux que ça intéresse, la fiche du livre chez Gallimard donne accès au début de la première nouvelle du recueil, Cellule Un .
J’ai trouvé la même nouvelle complète, en anglais sur le site du New Yorker, ainsi que celle qui clôt le recueil, The headstrong historian.

Une très belle découverte que Chimamanda Ngozi Adichie, que je poursuis actuellement en lisant un de ses romans, L’hibiscus pourpre.

D'autres avis à lire  avec l'article de Tirthankar Chanda sur RFI ou à écouter avec la chronique d’Hortense Volle dans l’émission L’Afrique enchantée du 24 février 2013.
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mercredi 27 février 2013

The woman who heard color

The woman who heard color - Kelly Jones
Berkley Books (2011)

Lauren O’Farell a obtenu un rendez-vous avec Isabella Fletcher sous le prétexte d’une enquête de voisinage. En réalité, Lauren, qui est spécialisée dans la recherche des œuvres d’arts détournées par le régime nazi et dans l’identification des tableaux dont l’origine est incertaine, s’intéresse à la mère d’Isabella Fletcher, qu’elle soupçonne d’avoir aidé le régime nazi dans la confiscation des oeuvres volées aux Juifs et de s’être peut-être personnellement enrichie. Isabella n’est pas dupe et sait qui est Lauren. Elle la suspecte d’être sur la trace d’un tableau de Kandisky, Composition II, qui appartient à la famille d’Isabella et dont l’histoire est un élément prédominant de ce roman. Isabella entreprend alors de raconter la vie de sa mère, Hannah Schmid, épouse Fleischmann. En 1900, Hannah quitte la ferme de ses parents pour venir rejoindre sa sœur Käthe, qui travaille au domicile de Moses  Fleischmann, propriétaire d’une galerie d’art, et de sa femme, Helene. Hannah est employée au foyer des Fleischmann et devient la dame de compagnie de la maitresse de maison. Intéressée par l’Art, elle commence à poser comme modèle à l’Académie des Arts de Münich et rencontre de nombreux artistes qui y étudient, comme Kandisky. Moses, qui a découvert son goût pour l’Art, lui offre un travail à la galerie, occasion pour Hannah de s’impliquer encore davantage dans la découverte des nouveaux talents de l’Allemagne du début du XXème siècle. Plus tard, après le décès d’Helene, Hannah épouse Moses et partage sa passion pour l’art moderne. A ses côtés, elle évolue dans le monde des artistes contemporains, tirant partie de son don de synesthésie, qui lui permet d’associer les sons et les couleurs, pour exercer sa sensibilité dans la découverte des œuvres qui l’enchantent. Les années passent, l’Allemagne vit des années difficiles après la première guerre mondiale et la poussée de l'antisémitisme qui accompagne la mise en place du régime nazi bouleverse complètement le cours de la vie d'Hannah. 

J'ai lu ce livre avec plaisir, car j'ai appris beaucoup de choses, sur l'Allemagne du début du XXème siècle et sur la vie artistique à Münich. A travers le regard d'Hannah, j'ai découvert les œuvres des peintres qu'elle côtoie et son amour de l'Art moderne.  La période de l'entre-deux guerres est également très bien rendue, les transformations de la société sont décrites de l'intérieur par Hannah, qui sent monter avec angoisse l'antisémistisme et le revirement des autorités face aux œuvres d'art contemporaines. 
En revanche, je m'interroge sur l'intérêt de l'histoire qui se déroule de nos jours, des échanges entre Lauren et Isabella, qui apportent finalement assez peu de choses à l'intrigue. 
Ne vous fiez pas à cette couverture de romance à l'eau de rose, qui n'a aucun rapport avec l'histoire.

Une lecture en VO qui ne m'a pas posé trop de difficultés, il faut croire que mon vocabulaire s'est amélioré ! 

Cette lecture a été l'occasion de me replonger dans un livre des éditions Taschen, consacré à Kandisky. Il présente de nombreuses œuvres du peintre, dont une étude pour Composition II , seule trace du tableau disparu pendant la seconde guerre mondiale. Cette étude est conservée au musée Guggenheim de New York.


mercredi 3 octobre 2012

Ten big ones



Ten big ones – Janet Evanovich
Headline Book Publishing (2004)

 The way I see it, life is like a jelly doughnut. You don’t really know what it’s about until you bite into it. And then, just when you decide it’s good, you drop a big glob of jelly on your best T-shirt. (Page 1).

Ce dixième épisode commence fort, avec ces considérations philosophiques dès la  première phrase et avec  l’incendie de la Ford de Stéphanie dès la page 6. Mais comme elle le dit elle-même, ce n’est pas de sa faute ! 
Alors qu’elle et Lula discutent de leur prochain goûter devant une épicerie, elles assistent à la fuite du Diable Rouge qui vient de commettre un hold-up dans la boutique. Pour faire diversion, l’agresseur lance un cocktail Molotov dans l’épicerie. Mais le propriétaire le récupère avant qu’il n’explose, le lance à la tête du malfaiteur, sur laquelle il rebondit avant d’aller percuter la Ford de Stéphanie, y mettant le feu instantanément.  Or, Stéphanie a aperçu furtivement le visage du Diable Rouge sous son masque et devient de ce fait une menace pour les bandes de gangsters dont il fait partie. Notre chasseuse de primes préférée se retrouve la cible d’un contrat confié à un tueur à gages, venu spécialement de Californie. Il est temps pour Stéphanie de disparaître de la circulation. Heureusement, elle a réussi à trouver l’antre secret de Ranger et elle profite de son absence pour s’installer chez lui.

Même si j'ai sûrement loupé plein de subtilités lors de cette lecture en VO, cet épisode est plein de surprises. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages habituels : les membres de la famille de Stéphanie, Lula l’ex-prostituée convertie en assistante chasseuse quand elle ne fait pas de classement et bien sûr Ranger et Morelli, les deux hommes qui comptent pour  elle, chacun à sa façon. 
Mais sous les gags et les rebondissements, il y a malgré tout une réflexion sur la condition féminine qui perce. Certes, Stéphanie se cache pour échapper au tueur mais c’est également une façon de refuser de se soumettre à la vie plus tranquille que Morelli voudrait pour elle. Dès que sa relation avec Morelli s’embourgeoise un peu trop, Stéphanie a besoin d’affirmer son indépendance et de se mettre en danger. Et bien, dans cet épisode, elle est servie et nous aussi !

D'autres avis chez Marnie, Karine et Joëlle.
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dimanche 23 septembre 2012

Ashworth Hall

Ashworth Hall – Anne Perry

Fawsett Books (1997)

C’est une mission très particulière qui vient d’être confiée au surintendant Pitt, alors qu’il enquêtait sur la mort d’un policier, infiltré dans une organisation luttant pour l’indépendance de l’Irlande vis-à-vis de la Couronne britannique. Une conférence secrète  sur la question Irlandaise doit se tenir à Ashworth Hall, sous le couvert d’une partie de campagne. Les négociations avec les différents courants politiques irlandais seront menées par Ainsley Greville, du ministère de l’Intérieur. Mais Greville a reçu des lettres de menaces et il a été victime d’un « accident », ressemblant  davantage à une tentative de meurtre. Il a donc demandé l’assistance de la police pour sa sécurité et Pitt est le mieux placé pour le protéger incognito. En effet, Ashworth Hall est la demeure d’Emily, la sœur de Charlotte Pitt. Rien d’étonnant à ce que Charlotte et son mari participe à une partie de campagne automnale, accompagnés de leur bonne et d’un valet, rôle tenu en réalité par l’inspecteur Tellman.

J'avais choisi ce titre pour les vacances, en version originale, en sachant que j'aurais du temps pour lire en anglais. Je m'attendais à devoir consulter souvent le dictionnaire mais finalement, je n'ai pas trop peiné à terminer ce livre dans un délai très acceptable. Peut-être parce que l'histoire m'a vraiment intéressée, mêlant enquête policière et réalité historique.  
Les négociateurs représentent tous les courants politiques, extrémistes ou modérés des deux côtés. Ils ont venus avec leurs domestiques qui vont cohabiter avec le personnel de la maison, ce qui donne lieu à des luttes d'influence à l'office également. Assez vite, le séjour tourne à la farce lorsqu'un adultère est découvert, mettant en péril le climat des négociations. Et puis, le drame survient, il y a un mort et William Pitt n'a plus de doute sur l'utilité de sa présence dans les lieux, même si la découverte du coupable va lui donner du file à retordre.
En résumé, une intrigue qui se tient et une étude sociologique captivante !

Lu également par Lilly, Choupynette et Sharon.
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mercredi 29 décembre 2010

The five people you meet in Heaven

The five people you meet in Heaven - Mitch Albom
Édité par Sphere (2007)

Eddie est un vieil homme de 83 ans. Blessé au genou lors de la guerre aux Philippines, il en a gardé une infirmité et éprouvé des souffrances pour le reste de ses jours. Il est responsable de la maintenance dans le parc d'attractions de Ruby Pier, où il a passé une bonne partie de son existence. Son père y travaillait et Eddy y a joué étant enfant, puis il a remplacé son père lorsque celui-ci est tombé malade et il y est resté.
Dès le début du roman, un compte à rebours commence, retraçant les dernières heures d'Eddy avant l'accident qui se produit dans l'un des manèges dont il s'occupe. Pour sauver une petite fille de la chute d'une nacelle, Eddy met sa vie en péril et se retrouve au Paradis. Il y rencontre successivement cinq personnes qu'il a connues. Il se souvient de certaines d'entre elles mais d'autres ne lui rappellent rien à priori. Chacune lui explique la raison de sa présence et leurs différents récits retracent petit à petit la vie d'Eddy, son enfance près d'un père violent, sa vie de soldat, son retour à Ruby Pier, son amour pour sa femme Marguerite et sa vieillesse solitaire. Eddy redécouvre certains éléments de son passé, leur importance sur le cours de son existence et il apprend aussi des choses qu'il ignorait, comme les circonstances de la mort de son père et la vérité sur sa blessure au combat.


Ce retour sur le parcours d'un homme simple est très émouvant. Grâce à ces cinq personnes, Eddy remet en question la place qu'il a toujours accordée à sa propre existence qu'il considérait sans importance. Il réalise qu'il a compté pour certaines personnes, que son passage a laissé des traces et que sa vie avait un prix. Ces cinq conversations le reconcilient avec lui-même et le préparent à devenir lui aussi l'une des cinq personnes qui vont attendre quelqu'un d'autre au Paradis.

C'est un conte très émouvant, porteur d'espoir et de sagesse. Une incitation à profiter de la vie, à s'intéresser aux autres et à apprécier les moments présents.


C'était le dernier livre lu cette année pour le challenge Lire en VO organisé par Bladelor. Je m'étais engagée dans ce challenge avec un peu d'appréhension mais finalement, ces lectures en V.O. ont été moins difficiles que ce que je craignais. J'ai sans doute eu de la chance dans mon choix de livres.
A continuer en 2011 !




Objectif PAL : 10/61
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mardi 28 décembre 2010

Blue Shoes and Happiness

Blue Shoes and Happiness - Alexander McCall Smith
Abacus (2007)
Paru en français sous le titre : 1 cobra, 2 souliers et beaucoup d'ennuis.

Dans ce nouvel épisode mettant en scène la seule et unique femme détective du Botswana, j'ai retrouvé avec plaisir Mma Ramostswe et son assistante, Mma Makutsi, qui partagent désormais des locaux en commun avec le garage de Mr J.L.B. Matekoni, l'époux de Mma Ramotswe. Le quotidien de cette cohabitation donne lieu à de nombreux incidents burlesques provoqués par les deux jeunes apprentis de Mr J.L.B. Matekoni, tandis que Mma Ramostwe se mesure à de nouvelles enquêtes, toujours plus insolites les unes que les autres, aidée temporairement par Mr Polopetsi, l'un des employés du garage. 
L'histoire commence par une rencontre imprévue entre Mma Makutsi et un cobra, réfugié sous son bureau puis se poursuit dans la réserve voisine, sous l'influence de mauvais esprits que Mma Ramotswe va devoir identifier et combattre. Sa sagacité va aussi être mise à l'épreuve dans une délicate affaire de lettres anonymes et de détournemant de nourriture au sein d'un collège et elle devra faire preuve de toute son intuition féminine et de sa délicatesse pour résoudre ces énigmes et bien d'autres, en respectant les sensibilités et les intérêts de chacun. Au final, la quête la plus difficile n'est-elle pas la recherche de la paire de chaussures idéales dont il est souvent question au fil des pages !



 Une lecture bien distrayante, en anglais pour continuer mon challenge Lire en V.O., à l'initiative de Bladelor, et qui n'a pas été trop ardue !




Cette deuxième rencontre avec Mma Ramotswe m'a ravie et a confirmé mon appréciation de cette série. Plus que des enquêtes policières, il s'agit ici plutôt d'une succession de scènes de la vie quotidienne dans cette communauté du Botswana, avec ses joies et ses peines, ses injustices et ses rebondissements, qui redonnent confiance dans l'humanité, grâce à la bienveillance et à la fermeté de Mma Ramotswe.


En ce qui me concerne, l'énigme la plus difficile a été de trouver ce qu'était ce "ground hornbill", un oiseau dont il est question dans la résolution de l'affaire d'envoûtement.
J'ai fini par en trouver des photos sur Internet qui m'ont immédiatement renseignée : Impressionnant, non ?





 Source photo : Wikipédia



A propos, Bladelor lance un challenge Lire en anglais pour l'année 2011. Si vous êtes intéressés, tous les détails sont ici.





Objectif PAL : 9/61
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mardi 21 septembre 2010

Sense and sensibility

Sense and sensibility - Jane Austen (1811)
Lu dans l'édition Pocket Penguin Classics Paperback (2006) 

Mrs Dashwood vient de perdre son mari, Henry Dashwood et à cette épreuve vient s'ajouter l'obligation de quitter le domaine de Norland, dans le Sussex, où elle vivait aves ses trois filles car il revient à l'héritier mâle, John, le fils issu du premier mariage de Mr Dashwood. John, qui à la mort de son père, était plein de bonnes intentions à l'égard de sa belle-mère et de ses demi-soeurs, se laisse peu à peu convaincre par sa femme Fanny qu'elles n'ont besoin de rien. Par faiblesse face à sa femme, il déroge à la promesse qu'il avait faite à son père de les aider. C'est donc d'un revenu bien diminué que Mrs Dashwood va désormais devoir se contenter et c'est avec soulagement qu'elle accepte la proposition d'un lointain cousin, Sir John Middleton, qui lui loue une petite maison, Barton Cottage, dans le Devon, où elle s'installe avec ses trois filles.
Elinor, l'ainée, est vive et sérieuse. Elle est attirée par Edward Ferrars, le frère de sa belle-soeur Fanny, dont elle a fait la connaissance avant leur départ de Norland. Edward, lui aussi, s'est montré très prévenant envers Elinor et leurs caractères se sont bien accordés. Mais Elinor se montre très raisonnable et refuse de se laisser emporter par des sentiments qu'elle n'avoue à personne, d'autant plus lorsque Edward vient leur rendre visite dans le Devon et qu'il se montre très réservé à son égard.
Marianne, elle, est tout le contraire de sa soeur ainée. Romantique et exaltée, elle tombe follement amoureuse de Willoughby, un jeune homme charmant et séduisant qu'elle a rencontré au cours d'une promenade dans la campagne. Imprudente dans sa conduite, elle se laisse éblouir par son charme, insensible à l'amour sincère que lui porte le Colonel Brandon, un voisin, qui ne peut qu'assister, impuissant, à son chagrin, le jour où Willoughby disparait sans un mot.
Margaret n'est qu'une enfant de treize ans qui apporte à l'histoire sa candeur et son innocence, posant toujours des questions dérangeantes quand il ne faut pas !

Les billets sur ce roman de Jane Austen ne manquent pas dans le blogosphère et m'avaient déjà permis de me familiariser avec cette histoire de revers de fortune et d'amours contrariées (par exemple, chez Pimpi, Hermione, George, Isil, Neph, Yueyin et Katell, pour n'en citer que quelques unes).

C'est pour cette raison que j'ai décidé de lire ce livre en anglais, dans le cadre du Challenge "Lire en V.O.".

J'ai trouvé cette lecture plus ardue que celle de Persuasion, pas à cause du vocabulaire, mais en raison de ces longues phrases, que je devais relire plusieurs fois pour en comprendre le sens. Par curiosité, j'ai ensuite consulté une version française et je me suis aperçue que même en français, c'était quelquefois assez confus !






Comme dans Orgueil et préjugés, il est ici beaucoup question d'argent, qu'il s'agisse des inconvénients de ne plus en avoir, au travers du changement de situation de Mrs Dashood et de ses filles, ou des avantages qu'il procure, comme la sécurité d'un beau mariage ou la chance d'un héritage conséquent. Même si Mrs Dashwood n'exerce aucune pression sur ses filles pour les contraindre à se marier avantageusement, Elinor est bien consciente de leur situation. Et si les deux jeunes filles sont plutôt à la recherche de l'amour dans le mariage plutôt que de la sécurité que peut assurer une union bien arrangée, elles se rendent compte très vite qu'elles sont bien loin d'être des partis recherchés !

Ce qui m'a aussi frappée dans ce roman de Jane Austen, c'est l'importance du secret dans cette histoire. Malgré leur grande affection les unes envers les autres, Mrs Dashwood et ses filles se dissimulent beaucoup de choses, par pudeur, par délicatesse ou pour se ménager. Ainsi, Elinor n'avoue pas son sentiment pour Edward, ni sa déception face à sa soudaine réserve. Lorsqu'elle comprend enfin la raison de cette attitude, elle ne peut en informer, ni sa mère ni sa soeur, muselée par sa promesse à une autre. Face à Marianne et à son imprudence envers Willoughby, Mrs Dashwood n'arrive pas à lui poser les questions qu'elle souhaiterait pour comprendre la situation de sa fille. Le colonel Brandon, lui aussi, a ses secrets, qui conduisent son entourage à se méprendre sur son comportement et Edward, lui-même, s'est mis dans une situation inextricable, qu'il doit taire, au risque de son bonheur et de son projet de vie.

Encore une fois, Jane Austen a su me charmer avec cette intrigue sentimentale et la peinture de cette société anglaise, où la bienséance, le conformisme et le sens du devoir étaient si importants. Elle décrit merveilleusement bien la condition féminine de l'époque dans des milieux, malgré tout, bien favorisés. On imagine ce que devait être la vie des femmes de moindre condition ! Mais c'est une autre histoire...



 Objectif PAL : 8/61 (en un an !)







Grâce à cette lecture, j'ai progressé dans deux challenges et j'ai passé un très bon moment que j'ai prolongé en visualisant les adaptations du roman au cinéma : celle de Ang Lee en 1995 avec Emma Thompson et Kate Winslet, et celle de la BBC en 2008.

A voir en streaming ici et là, par exemple.
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