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vendredi 23 décembre 2011

L'amour en kilt


L’amour en kilt – Alexander McCall Smith
Editions 10-18 (2010)
Traduit de l’anglais par Elisabeth Kern.

Troisième épisode des chroniques d’Edimbourgh : plusieurs protagonistes des épisodes précédents ont déserté le 44 Scotland Street : Pat, toujours étudiante, a emménagé dans un nouvel appartement. Elle continue à travailler à temps partiel dans la galerie de Matthew. Elle a remarqué un nouvel étudiant dans son cours, très séduisant. Manque de chance, il sort avec une des colocataires de Pat, qui a l’air d’être très jalouse !
Domenica Mc Donald est partie pour un grand voyage afin d’étudier les pirates de la mer Rouge, laissant son appartement à une amie écrivain, Antonia. Angus se charge de l’accueillir mais ne retrouve pas avec elle la complicité qui le lie à Domenica.
Toujours au 44 Scotland Street, Bertie a grandi et tente toujours d’échapper à l’emprise de sa mère et à ses ambitions. Elle a réussi à le faire accepter dans un orchestre d’adolescents, qui doit aller donner un concert à Paris. Voici donc Bernie en route pour la France, sans sa mère et il a bien l’intention de profiter du séjour et de sa liberté !

Un épisode encore plein d’humour et de fantaisie. Personnellement, j’ai beaucoup apprécié le séjour de Domenica chez les pirates et le talent d’Alexander Mc Call Smith pour installer le suspense de cette grande aventure. La chute est bien sûre inattendue et savoureuse !

Je viens de voir que l’épisode suivant est paru chez 10-18 : Le monde selon Bertie. 
Père Noël, pense à moi !

Lu dans le cadre du défi Voisins Voisines proposé par Kathel, pour la Grande-Bretagne (Ecosse).
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vendredi 25 novembre 2011

Delirium tremens


Delirium tremens – Ken Bruen
Une enquête de Jack Taylor parue dans la collection Série Noire
Editions Gallimard (2004)
Traduit de l’anglais (Irlande) par Jean Esch
Lu en Folio policier (2010)

Jack Taylor s’est fait virer de la police irlandaise, après avoir donné un coup de poing à un homme politique. C’est la goutte qui a fait déborder le vase, Jack étant déjà venu à bout de l’indulgence de ses supérieurs à cause de son alcoolisme. 
Le voici de retour comme détective privé dans sa ville natale, Galway, conscient d’être considéré par ses concitoyens comme un mouchard, ni plus ni moins. Son bureau est au Grogan’s, le seul pub de la ville dont l’entrée ne lui a jamais été interdite.  Un jour, une femme, Ann Henderson, vient lui demander d’enquêter sur la mort de sa fille, officiellement suicidée. Mais Ann ne peut y croire. Un homme l’a appelée au téléphone : « On l’a noyée. »

Lorsque Jack découvre que plusieurs adolescentes se sont jetées de la jetée de Nimmo, comme Sarah Henderson, la thèse d’Ann ne lui paraît plus aussi improbable.

Dans cette première apparition du détective Taylor, l’enquête tient une part mineure. Elle sert plutôt de prétexte aux déambulations de Jack dans la ville, d’un pub à l’autre, éventuellement à la recherche d’une information, mais surtout de compagnie pour partager un ou plusieurs verres de trop. Mine de rien, l’enquête avance petit à petit, grâce à des amis ou d’anciens collègues. 
Sans doute que cette histoire d’alcoolique toujours au bord du coma éthylique m’aurait vite énervée si Jack Taylor ne s’était pas finalement révélé assez attachant. Grand amateur de littérature, noire de préférence, de poésie et de musique, il fait partager ses références au fil de l’histoire, rattachant ce qu’il vit à ce qu’il a lu ou entendu ici et là. Sans illusions sur sa dépendance face à l’alcool, Jack est très lucide sur sa déchéance mais de temps en temps, un sursaut de conscience le pousse à réagir, parfois sans souci de la légalité, selon une morale bien à lui. 
A côté de la figure de Jack et des personnages qui gravitent autour de lui, ce roman est aussi une peinture critique de la société irlandaise, de la rivalité avec le voisin anglais, pleine d’humour grinçant et sans concession. En résumé, une bonne surprise que ce livre, pour moi qui ne suis pas fan de polar noir, d’habitude !

D'autres avis :  Yvon, Karine ou Fred.

Lu dans le cadre du défi Voisins Voisines proposé par Kathel, pour l'Irlande.
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mardi 15 novembre 2011

Tamara Drewe


Tamara Drewe – Posy Simmonds
Denoël Graphic (2008)
Traduit de l’anglais par Lili Sztajn

C’est un village tranquille de la campagne anglaise. Beth et Nicholas Hardiman y accueillent dans leur propriété de Stonefield des écrivains dans un environnement propice à la création littéraire. Nicholas est lui-même un écrivain réputé et Beth, son épouse, veille à maintenir un climat favorisant son inspiration. Au moment où commence l’histoire, Nicholas n’a plus rien écrit depuis plusieurs semaines et Beth s’inquiète de cette panne d’écriture. Elle ne tarde pas à comprendre que son mari a une liaison et le met face à un ultimatum. Mais Nicholas est faible et ne veut surtout pas remettre en cause son confort conjugal. De plus, il sait pouvoir compter sur l’indulgence de sa femme et son attachement à ce qu’ils ont construit ensemble à Stonefield. Mais leur dispute a été entendue par les écrivains présents à la maison, dont Glen Larson, un universitaire américain. Attaché à la sérénité habituelle des lieux, il est ébranlé par la désillusion que provoque la découverte des failles dans le couple Hardiman.  

Un autre évènement provoque quelques bouleversements dans la vie paisible des habitants de Stonefield :  Tamara Drewe reprend possession de Winnards House, la maison de sa mère décédée deux mois auparavant. Tamara est devenue une vraie londonienne, journaliste à The Monitor, où elle a une chronique régulière qui a beaucoup de succès. Tamara est jeune et belle, elle s’est fait refaire le nez et tous les hommes sont à ses pieds. Les habitants mâles de Stonefield ne sont pas insensibles à son charme, tandis que les adolescents du village sont également attirés par tout ce qu’elle représente à leurs yeux, d’autant plus que sa présence dans le village amène quelques célébrités dans son sillage. Au fil des saisons, la monotonie habituelle de Stonefield fait place à des rebondissements dignes des magazines people. Au gré des relations qui se nouent et se dénouent entre les personnages, les motivations profondes font surface et les certitudes s’affaiblissent. Chacun devra se remettre en question et renoncer à faire semblant.

Ce roman graphique de Posy Simmonds est très agréable à lire et à regarder. Le dessin est léger et délicat. Posy Simmonds s’attarde sur les expressions de ses personnages et son trait précis permet de partager les émotions, même si les profils sont assez caricaturaux. Tamara Drewe est restée assez mystérieuse pour moi. Alors que l'auteur donne la parole régulièrement aux autres personnages, fournissant au lecteur l'occasion de découvrir leur vraie nature, on ne sait que peu de choses de Tamara. Que cherche-t-elle vraiment, comment perçoit-elle la convoitise des hommes envers elle ? Quelle est la part de naïveté et de calcul chez elle ? Je n'ai pas réussi à me faire une opinion tranchée sur elle.

D’après les commentaires de l’éditeur, ce roman serait, inspiré de Loin de la foule déchainée de Thomas Hardy, que je n’ai pas lu. Personnellement, il m’a rappelé les univers décrits par David Lodge, en particulier dans sa pièce L’atelier d’écriture, qui confronte également des écrivains réunis pour un week-end à la campagne. Ici, cette confrontation entre individus d’origines très différentes commence comme une comédie et vire au drame et puis la vie reprend son cours tranquille.

Des avis qui m'ont donné envie de découvrir ce roman : ceux d'Antigone et d'In Cold Blog.

Lu dans le cadre du défi Voisins Voisines proposé par Kathel, pour la Grande-Bretagne.
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lundi 2 mai 2011

Quand souffle le vent du nord

Quand souffle le vent du nord - Daniel Glattauer
Grasset (2010)
Traduit de l'allemand par Anne-Sophie Anglaret


Emmi Rothner adresse par erreur son mail de résiliation d'un abonnement à un inconnu, qui lui répond. Entre Emmi et Leo s'installe un échange, d'abord poli et amusé, puis cordial, amical jusqu'à devenir passionné. Pourtant Emmi est mariée, déclare être heureuse et aimer son mari. Leo sort d'un chagrin d'amour et a du mal à tourner la page. Très vite, ils deviennent dépendants de cette relation à distance, se livrent et se dissimulent, repoussant toujours l'instant de la rencontre ou lui fixant des règles très strictes lorsqu'ils se décident à franchir le pas.

A sa sortie j'avais suivi avec intérêt l'engouement qu'avait provoqué ce livre sur les blogs de lecture mais n'avais pas eu l'occasion de le trouver à la bibliothèque. Puisque la suite de l'histoire est parue et qu'elle semble également enthousiasmer ses lecteurs, j'ai décidé de me lancer et de commencer par ce premier épisode.

Au début, j'ai été amusée par la tournure des évènements, j'ai trouvé les premiers échanges brillants et pleins de fantaisie. Et puis, je me suis lassée, surtout agacée par le marivaudage auquel se livre Emmi, par sa propension à entraîner Leo sur des chemins où il n'a pas forcément envie d'aller. Par moment, c'est une insupportable coquette, elle ne sait pas ce qu'elle veut, rencontrer Leo, ne pas le rencontrer. Puis, lorsque la rencontre a eu lieu, sans en être vraiment une, leurs tentatives pour essayer de s'identifier mutuellement m'ont paru très ennuyeuses et j'ai failli abandonner. Par curiosité et parce que Leo a malgré tout su me charmer, j'ai continué et je dois dire que la fin m'a bien plu : enfin, quelqu'un qui prend une décision et qui s'y tient !

Enfin, une décision pas si irrémédiable puisqu'il y a une suite ! Mais je suis pas prête à la lire pour l'instant, je vais laisser passer un peu de temps, jusqu'à ce que l'envie de relire la plume de Leo efface la déception causée globalement par ce livre.

Au delà de ces quelques reproches, je crois que c'est la forme de ce livre qui m'a empêchée de l'apprécier. En effet, dans une lecture, au delà d'une histoire, je recherche une ambiance, un ressenti, des impressions. Ici, j'ai trouvé seulement des dialogues, certes parfois étoffés, sincères et profonds mais souvent rapides, superficiels et inutiles qui n'ont pas réussi à créer un climat propice à l'imagination, en ce qui me concerne !

Quelques avis : Par exemple chez Stephie, Sophie, Dedale du Biblioblog et Leiloona.

Grâce à cette lecture, je peux enfin participer au défi Voisins Voisines proposé par Kathel, pour l'Autriche.
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