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mercredi 18 décembre 2013

La promenade au phare

La promenade au phare - Virginia Woolf
Le livre de poche Biblio
Traduit de l'anglais par M. Lanoire

La famille Ramsay passe ses vacances d’été sur une île des Hébrides, dans une grand maison, où sont rassemblés les parents, leurs huit enfants ainsi que quelques invités, habitués des lieux. Parmi eux, figure Lily Briscoe, une artiste peintre,  que l’on ne peut déjà plus qualifier de jeune femme. Une question  agite tous les esprits, ce jour-là : Fera-t-il suffisamment beau le lendemain pour que tous effectuent la promenade au phare qui a été promise à James, l’un des garçons de la maison ? Mrs Ramsay, Lily et les enfants l’espèrent de tout  cœur mais Mr Ramsay, rabat-joie, a déjà pronostiqué le mauvais temps et c’est à lui que la météo donnera raison.
A cause de la première guerre mondiale et de deuils successifs dans la famille, les Ramsay déserteront l’île de Skye pendant longtemps, laissant la maison à l’abandon. Ce n’est que dix ans plus tard que certains d’entre eux, dont Mr Ramsay, quelques enfants et Lily Briscoe séjourneront brièvement sur l’île et feront enfin cette fameuse promenade au phare, enfin accessible au terme d’une sorte de pèlerinage en hommage à leurs rêves d’antan.


C’est un livre de moins de 300 pages, et pourtant très dense, bien qu’il y ait peu d’action. Le lecteur accompagne les pensées et les réflexions de plusieurs des personnages, en particulier Mrs Ramsay et Lily Briscoe dans la première partie. La figure maternelle est très émouvante, pleine de tendresse et d’attention pour ses enfants et ses invités, symbole du sacrifice et de la soumission attendus des mères de l’époque. Le père, tyrannique et autoritaire, inspire la crainte et souffre lui-même de la distance qu’il a établi avec ses enfants.
J’ai beaucoup aimé le personnage de Lily, en proie aux difficultés de l’artiste face à sa toile. Sans doute, Virginia Woolf a-t-elle voulu y exprimer d’une façon détournée ses propres blocages face à la page blanche. Il semble que c’est dans ce livre qu’elle a placé le plus d’éléments biographiques. Ainsi, ces vacances dans l’île de Skye évoquent-elles sans doute celles que passait la famille Stephen à St-Ives.
En douceur, ce livre porte aussi des accents féministes, grâce aux réflexions de Lily sur la position de Mrs Ramsay dans le foyer et sur son propre comportement face à sa condition d'artiste. Mais tout est dit en finesse, sans revendication ni plainte, conférant à l’ensemble une grande mélancolie qui tempère la force des mots.

Consultez l'avis de Pascale qui propose plusieurs extraits à la fin de son billet.

J'ai lu ce livre dans le cadre du challenge Virginia Woolf 2013 organisé par Lou et du challenge Destination Pal proposé par Lili. .

                                         

lundi 23 septembre 2013

Le bal

Le bal - Irène Némirovsky
Éditions Grasset (1930) - Les Cahiers Rouges

De judicieux placements financiers ont permis aux  Kampf de passer de la vie éteinte et monotone d’un modeste employé de banque et d’une dactylo à celle d’un couple de riches parvenus, habitant maintenant les beaux quartiers parisiens et avides d’être connus et reconnus dans les meilleurs cercles mondains du tout-Paris. Et quoi de mieux pour y parvenir que l’organisation d’un bal, avec tout le faste nécessaire, pour asseoir définitivement sa réputation et son influence ? Antoinette, la jeune fille de la maison, âgée de quatorze ans, en rêve déjà, de ce bal, et s’imagine valsant au bras d’un charmant inconnu qui saura la faire échapper aux humeurs de sa mère. Hélas, Mme Kampf a vite fait de rabattre les espoirs de sa fille, prévoyant de l’exiler dans un placard le temps de la fête, afin de profiter de sa chambre et d’y installer un bar. Mais Mme Kampf a tort de sous-estimer le pouvoir de nuisance de sa fille, qui de dépit, va précipiter le déroulement du bal vers un désastre cruel et pitoyable.

J’avais lu quelques commentaires élogieux sur ce court roman d’Irène Némirovsky et m’en étais fait une idée un peu fausse. Je ne m’attendais pas à une histoire aussi noire, une critique aussi féroce de ce couple enrichi financièrement, mais toujours si pauvre moralement. La mère est détestable, imbue de sa nouvelle fortune, mais sans aucune richesse d’âme ; la fille, que l’on pourrait plaindre, n’est finalement pas très sympathique, même si au début de l’histoire, le lecteur ne peut être que compatissant envers elle, face aux rebuffades de la mère. Le père, quant à lui, tente de faire bonne figure mais les reproches proférés à son égard par sa femme, qui a besoin de décharger son humeur sur quelqu’un, auront raison de son self-control et il saura alors lui rappeler ses origines et son passé.  
Même si je n’ai pas été complètement séduite par cette histoire, je dois reconnaitre que le style d’Irène Némirovsky est toujours plein de finesse quand il s’agit de dépeindre les traits de caractère les plus vils ou bien de transcrire les rêves et les émotions d’une toute jeune fille. Sans doute est-ce un choix de présenter sous un jour si peu favorable tous ces personnages qui, à un moment ou un autre, laissent apparaitre leur méchanceté, leur rancœur ou leur bêtise. 

Comme à la lecture de son roman, le maître des âmes, j’ai aussi été choquée par quelques propos antisémites, d’autant plus surprenants lorsqu’on sait le tragique destin de l’auteur, mais qui, sans doute, reflètent bien le climat général de ces années de l’entre-deux guerres.

D'autres avis chez Astrid et Valbev, ou encore chez Babelio.

Lu pour le challenge Destination PAL, proposé par Lili.

lundi 2 septembre 2013

Destination PAL : le bilan



J'avais embarqué entre le 1er juillet et le 31 août dans l'avion de Lili Galipette pour ce challenge.
Pour cela, j'avais emmené dans ma valise virtuelle 15 livres sélectionnés dans ma PAL.

Septembre est déjà là et voici l'heure du bilan : Comme je m'y attendais, je ne les ai pas tous lus, mais j'ai réussi à me tenir à ma liste, ce qui est déjà un exploit pour moi.

Laura Willowes - Sylvia Townsend Warner
L'hiver le plus froid - Paula Fox
Naissance d'un pont - Maylis de Kerangal (abandon après une centaine de pages)
Le bal - Irène Némirovsky
Les heures - Michael Cunningham
La promenade au phare - Virginia Woolf
Le dit de Tianyi - François Cheng (lecture en cours)

Faute d'accès à Internet pendant tout le mois d'août, j'ai maintenant un gros retard à rattraper dans l'écriture de mes billets. Et ça aussi, c'est un vrai challenge !

Merci, Lili, pour cette idée de voyage et à une prochaine fois, peut-être...

lundi 29 juillet 2013

Laura Willowes

Laura Willowes - Sylvia Townsend Warner
Éditions Joëlle Losfeld (2007)
Traduction de l’anglais par Florence Lévy-Paoloni
Préface de Geneviève Brisac


Lorsque son père meurt, Laura, jeune femme toujours célibataire à vingt-huit ans, quitte la maison familiale du Somerset et est accueillie à Londres, dans la maison de son frère et de sa belle-sœur. Très rapidement, elle n’est plus que la Tante Lolly, autant pour son neveu et ses nièces que pour tout son entourage. Les années passent, dans le tourbillon de la vie citadine, loin des plaisirs de la campagne qui étaient si chers à Laura. Au bout de vingt ans, alors que neveu et  nièces sont devenues adultes et ont quitté la maison, à la surprise de ses proches Laura prend son indépendance, s’établit dans un village des Chilterns. Là, elle loge chez l’habitant, fait la connaissance du voisinage et s’intègre parfaitement dans la petite communauté, participant aux réjouissances locales et aux commérages. Et surtout, elle satisfait son amour de la nature par de longues promenades dans les environs et s’initie au travail de la ferme grâce à M. Saunders, qu’elle aide à s’occuper de son poulailler. Et puis un jour, elle se découvre sorcière et pactise avec le diable.

J’ai beaucoup aimé ce livre, même si j’ai un peu été surprise par la fin qui qui vire vers le fantastique et l’imaginaire. Il ne se passe pas grand-chose dans ce roman mais l’auteur a un pouvoir d’évocation tel que j’ai eu souvent l’impression d’être aux côtés de Laura dans ses pérégrinations, tant à Londres que dans la campagne de Great Mop, le village où elle est venue s‘installer.
Le retour de Laura à la campagne est comme une résurrection, après tant d’années où son besoin de liberté a été brimé, sa fantaisie étouffée et ses rêves muselés.
Sans  être revendicateur, le propos de Sylvia Townsend Warner est teinté de féminisme, lorsqu’elle décrit l’état de minorité où est encore maintenue Laura, la quarantaine bien avancée. J’ai trouvé très positive l’attitude de Laura lorsqu’elle découvre que son frère, par de mauvais placements, a fortement diminué le montant de sa fortune personnelle. Elle se contente alors de réduire son train de vie mais ne renonce en rien à son projet d’indépendance, faisant face avec beaucoup de détermination.
Est-ce pour contrebalancer l’effet que pourrait produire l’expression de cette volonté sans faille que l’auteur imagine la transformation de son héroïne en sorcière, comme si une jeune femme normale, issue du milieu bourgeois de Laura, ne pouvait pas, raisonnablement, n’en faire qu’à sa tête ? Où peut-être n’y a-t-il pas d’explication rationnelle, juste l’envie de laisser libre court à une plume créative et rêveuse ?
Ce livre écrit en 1926, le premier paru de Sylvia Townsend Warner, m’a en tout cas donné envie de poursuivre ma découverte de cet auteur, que j’ai lu ici pour le challenge Littérama d’Anis.



Il s’inscrit aussi dans ma participation au challenge Destination PAL, proposé par Lili.
Merci à Sylire, qui m'a envoyé ce livre dans le cadre d'un échange, par l’intermédiaire de Babelio.
Si vous êtes intéressé(e) par un de mes livres à échanger, ça se passe ici.

dimanche 7 juillet 2013

L'hiver le plus froid

L'hiver le plus froid - Paula Fox
Une jeune américaine en Europe libérée
Editions Joëlle Losfeld (2012)
Traduit de l'anglais pas Marie-Hélène Dumas.

En 1946, Paula Fox, âgée de vingt-trois ans, quitte New-York en bateau, en partance pour l'Europe, soulagée de s'éloigner pour un temps de la ville synonyme pour elle de toutes les difficultés de la vie.
Vivant successivement à Londres, Paris, Varsovie, Barcelone et Madrid, exerçant des métiers variés, elle découvre les villes européennes juste sorties de la guerre et rencontre tout un tas de gens aux expériences diverses : des rescapés des camps, d'anciens partisans de Tito, la représentante d'une organisation juive enquêtant sur les mesures prises par le gouvernement polonais pour faciliter l'installation des familles juives en Palestine, des opposants au régime franquiste. La confrontation de son propre vécu à des existences meurtries contribue à la faire définitivement entrer dans l'âge adulte et c'est une autre femme qui reprend le chemin des États-Unis à la fin de cette année européenne.

Comme toujours chez Paula Fox, la plume est distanciée, presque froide, en accord avec les températures qu'elle affronte, en particulier lors d'un voyage de presse en Silesie. Mais j'ai regretté que son propos reste superficiel, lorsqu'elle décrit ses expériences et ses rencontres. Correspondante d'une petite agence de presse britannique à qui elle envoie régulièrement ses articles, elle ne nous en fait partager ni le sujet ni le contenu. Personnellement, j'aurais aimé en savoir un peu plus. D'ici quelques semaines, je doute qu'il me reste beaucoup de souvenirs de ce court livre. Malgré tout, j'ai cru retrouver dans certains des personnages décrits ici quelques figures familières des autres romans de Paula Fox, lus précédemment.

Lu dans le cadre du challenge Destination PAL organisé par Lili.

dimanche 9 juin 2013

Destination PAL

Grâce à ce billet de George, j'ai découvert le challenge proposé par Lili Galipette afin de faire fondre nos PAL durant l'été 2013. Il durera du 1er juillet au 31 août 2013.

J'ai extrait 15 livres de ma PAL parmi la soixantaine qu'elle contient et me suis inscrite chez Lili Galipette, qui m'a acceptée dans son avion.
Si vous voulez en savoir plus, rendez-vous chez Lili.

Un autre challenge d'été pour réduire sa PAL est également proposé par Métaphore depuis le 1er juin.
Si avec tous ces challenges nos PAL ne diminuent pas cet été, c'est à n'y rien comprendre !