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mercredi 10 décembre 2008

Le Bénarès-Kyôto

Le Bénarès-Kyôto - Olivier Germain-Thomas
Editions du Rocher - 2007

Ce livre a obtenu le prix Renaudot Essai en 2007.

La quatrième de couverture :
Aventure unique : une traversée de l'Asie par voie terrestre et maritime. De l'imprévu, des rencontres, des trains fantaisistes, des jeteurs de sorts... et de l'érudition, mais avec cette éjouissance chère à Montaigne, un des compagnons du voyageur qui pratique la philosophie par la marche et l'ironie d'un regard perçant.
Voici l'Inde avec cette union si troublante de l'éros et du divin. La Thaïlande et une femme prête à sauter d'une falaise au dessus du Mékong. Le Tonkin avec un combattant de Diên Biên Phu qui aimait la France. Le dévoilement d'une Chine méconnue, le Tao et le Bouddha, une audience pleine d'humour avec l'empereur. Le Japon, une marche rituelle dans les montagnes habitées par les Esprits, les miroirs secrets dans les sanctuaires...
On en ressort avec l'intelligence nourrie par d'autres matières de concevoir la vie.

C'est en effet bien autre chose qu'un simple récit de voyage, ce livre d'Olivier Germain-Thomas. L'auteur est un spécialiste de la culture asiatique, qu'il a découverte à l'occasion de nombreux séjours.
Ce voyage de Bénarès à Kyoto, c'est un voeu ancien. Il en a déjà, en d'autres temps, effectué certains tronçons, en d'autre compagnie. Ce périple lui donne l'occasion de revenir sur certains épisodes de sa vie et de les réexaminer à la lumière de l'expérience acquise.
C'est aussi un voyage philosophique et théologique, auquel nous sommes conviés en sa compagnie, un voyage qui propose beaucoup de pistes de réflexion face à la diversité des cultures évoquées. Un voyage qu'on a souvent envie de recommencer, car c'est un livre plein de ressources, qu'il faut certainement lire et relire pour en extraire toutes les richesses.

La fiche du livre chez l'éditeur.
Quelques compléments sur l'auteur : Librairie Les cinq continents et Etonnants voyageurs.
La critique parue dans l'Humanité et un avis sur Get News.

Ce livre fait partie de mon défi lecture 2008, Le Nom de la Rose, dans la catégorie "Un lieu géographique dans le titre" et clôt d'ailleurs ce challenge !

vendredi 14 novembre 2008

Luz ou le temps sauvage

Luz ou le temps sauvage - Elsa Osorio
Publié aux éditions Métailié en 2002.
Traduit de l'espagnol par François Gaudry.


En 1998, Luz arrive à Madrid, en compagnie de Ramiro, son mari, et Juan, leur fils de dix-huit mois. Elle est venue d'Argentine afin de rencontrer un homme, Carlos Squirru. Grâce à lui, Luz espère éclaircir les dernièrs mystères concernant ses propres origines. C'est ensemble qu'ils vont reconstituer toute l'histoire.
En 1976, en pleine dictature militaire, Mariana, fille d'un général, accouche dans des conditions difficiles d'un enfant qui ne survit pas. Aussitôt, ses parents interviennent afin de remplacer l'enfant par la fille d'une détenue politique assassinée peu après. Eduardo, le mari de Mariana, est un homme faible, sous la coupe de ses beaux-parents et il accepte cette substitution, à l'insu de sa femme.

Luz grandit dans cette famille, d'abord inconsciente des secrets qui ont accompagné sa naissance. Le suicide de son père, l'incompréhension de sa mère et la rencontre avec une femme, Myriam, qui lui souffle un jour qu'elle n'est pas la fille de Mariana, vont petit à petit lui faire prendre conscience de l'origine de son mal-être et l'inciter à comprendre d'où elle vient. La rencontre avec Ramiro, son mari et plus tard la naissance de son fils, vont exacerber son besoin de vérité.

Voilà rapidement résumé le fond de cette histoire. Mais ce roman est bien autre chose. Il donne tour à tour la parole à plusieurs protagonistes qui connaissent tous une part de la vérité, mais différente pour chacun. Luz devra faire preuve d'une volonté tenace, avant de savoir enfin qui elle est et ce qui s'est passé.

C'est un roman très émouvant, qui s'appuie sur une réalité toujours actuelle : En Argentine, les Grands-mères de la place de Mai recherchent toujours leurs petits enfants, arrachés à leur famille d'origine et confiés à des partisans de la junte militaire. Ce qui en fait une lecture éprouvante. On souhaiterait que les évènements racontés soient uniquement le fruit de l'imagination de l'auteur. Hélas, on sait que ce n'est pas le cas.

A consulter : Une fiche de lecture qui rappelle le contexte historique et la critique de Lire

Liens vers d'autres avis chez Sylire et Lisa, dans le cadre du Blogoclub.

En ce qui me concerne, je l'ai lu pour mon défi lecture 2008, Le nom de la rose, dans la catégorie "Un prénom dans le titre".

lundi 20 octobre 2008

Pluie et vent sur Télumée Miracle

Pluie et vent sur Télumée Miracle - Simone Schwarz-Bart
Le Livre de Poche - 1975

Télumée vit en Guadeloupe, avec sa grand-mère, Reine sans Nom. Son arrière-grand-mère, Minerve, était esclave puis a été affranchie. Malgré cela, le poids de l'esclavage pèse sur les femmes de la lignée et Télumée le ressent encore fortement. Toute sa vie, qui nous est racontée ici, elle doit se battre pour exister, chaque bonheur reçu n'est jamais définitif. Malgré cela, Télumée trouve dans les enseignements de sa grand-mère et dans l'amour qu'elle lui a prodigué, la force de continuer.

Cette lecture m'a souvent remis en mémoire "La légende d'une servante" de Paula Fox que j'ai lu il y a quelque mois. Là aussi, il était question d'une petite fille des Caraïbes, de son amour pour sa grand-mère et de sa nostalgie pour son île, une fois qu'elle avait été emmenée à New-York. Ici, Télumée reste sur son île, se bat pour construire son bonheur avec Elie, puis le quitte pour échapper à sa violence et à sa folie, puis reconstruit un autre bonheur, pour un temps.

C'est encore une fois un parcours de femme qui est raconté ici par Simone Schwarz-Bart, dans une langue entre l'écrit et l'oral, qui exploite la culture créole, ses croyances et ses proverbes pour chaque situation de la vie. Une vie difficile, de travail et de souffrances, à laquelle Télumée tient pourtant, jusqu'au bout.

Extraits :
(La première fois que Télumée découvre Fond-Zombi, le village de sa grand-mère)
Et puis soudain ce fut l'Autre Bord, la région de Fond-Zombi qui déferlait devant mes yeux, dans une lointaine éclaircie fantastique, mornes après mornes, savanes après savanes jusqu'à l'entaille dans le ciel qui était la montagne même et qu'on appelait Balata Bel Bois. De-ci de-là apparaissaient des cases appuyées les une contre les autres, autour de la cour commune, ou bien se tassant sur leur propre solitude, livrées à elles-mêmes, au mystère des bois, aux esprits, à la grâce de Dieu...

(Le dernier paragraphe)
Comme je me suis débattue, d'autres se débattront, et, pour bien longtemps encore, les gens connaîtront même lune et même soleil, et ils regarderont les mêmes étoiles, ils y verront comme nous les yeux des défunts. J'ai déjà lavé et rincé les hardes que je désire sentir sous mon cadavre. Soleil levé, soleil couché, les journées glissent et le sable que soulève la brise enlisera ma barque, mais je mourrai là, comme je suis, debout, dans mon petit jardin, quelle joie !...

Ce roman fait partie de mon défi lecture 2008 Le nom de la rose, dans la catégorie "Un phénomène météorologique".

vendredi 11 avril 2008

Matins de roses

Matin de roses - Naguib Mahfouz
Publié chez Sindbad/Actes Sud en octobre 1998.
Traduit de l'arabe (Egypte) par Elizabeth Chehata.

Ce livre est composé de trois nouvelles.

Oumm Ahmad : C'est au travers des récits de Oumm Ahmad que le narrateur connait l'histoire des familles qui occupaient, avant la révolution de 1919, les palais de la ruelle Qormoz, où il vivait lui-même, enfant. Ensuite, la ville s'est transformée : les notables ont migré vers l'est d'al-Abbasseyya et les familles de la classe moyenne sont parties s'installer vers l'ouest d'al-Abbasseyya. C'est grâce à Oumm Ahmad que l'enfant, puis l'adolescent, a continué de recevoir des nouvelles de ces familles aisées. Il nous raconte leurs destins inégaux, au gré des changements de régimes politiques.

Matin de roses : Dans cette longue nouvelle qui donne son titre au recueil, c'est le narrateur lui-même qui évoque tour à tour ses voisins de la rue d'al-Radwân. Il passe en revue les différentes familles, leur composition, leur maison, leurs habitudes, leur style de vie. Dans chaque famille, il y a un enfant qui a fréquenté l'école en même temps que le narrateur, il a donc un regard particulier sur chacun, selon l'affinité qu'il pouvait ou non avoir avec ce camarade.

Dieu bénisse ta soirée : Le narrateur, Halîm, est un homme proche de la retraite. Il a sacrifié toute vie personnelle en faveur de sa famille, toujours plus soucieux de ses obligations envers ses parents et ses sœurs que de son propre bonheur. Mais tous sont morts et il se retrouve seul dans un grand appartement qu'il déteste. Heureusement, il s'est fait un ami, Hamâda al-Tartouchi, qu'il rencontre au café et qui l'incite à briser sa solitude. Grâce à lui, il va trouver le courage de rendre visite à son ancienne fiancée, Malak, devenue veuve.

Ce livre est mon premier contact avec l'œuvre de Naguib Mahfouz, mais ne sera pas le dernier. L'auteur sait à merveille raconter des histoires, créer une atmosphère, nous donner à voir une rue du Caire et ses habitants, nous intéresser aux mille évènements qui composent la vie d'un quartier. A travers tous ces épisodes individuels, c'est l'Histoire de l'Egypte qui est évoquée, et en parallèle l'évolution d'une partie de sa population.

Cette lecture entre dans le cadre de mon défi lecture 2008, Le nom de la Rose, dans la catégorie "un nom de plante dans le titre".

A consulter : La fiche du livre chez Actes Sud, qui propose un extrait.
L'avis de Lucy et une chronique de L'Oeil électrique.

vendredi 4 avril 2008

Le bois des abeilles

Le bois des abeilles – Hortense Dufour
Edité en 2005 aux éditions Flammarion.

Prix de Mouettes 2006 offert par le conseil général des Charentes-Maritimes.

Le bois des abeilles, c'est le domaine de la famille Jansuire, près de Royan. Cette famille dirige une entreprise de cerfs-volants, réputée et florissante. Au bois des abeilles, vivent trois générations : Gustave et Noémie, les grand-parents, Gilbert le fils aîné et sa femme Adrienne, Léonce et Lucas les deux autres fils célibataires, nés sur le tard, Gilberte et Bernadette les deux petites-filles. Il est également question des employées de la maison et de l'entreprise, de la famille d'Adrienne, de la Loupote, la sage-femme du pays qui est bien souvent mise à contribution, de la postière qui se ronge d'amour pour Léonce, qui lui n'a d'yeux que pour la femme de son frère. Toute cette petite société vit plus ou moins en harmonie dans la campagne charentaise, en cet été 1914, mais va être bouleversée par la déclaration de guerre.

Les hommes au front, les femmes doivent assumer tous les rôles, prendre des responsabilités, faire évoluer l'activité de l'entreprise (qui va acheter des cerfs-volants en temps de guerre !), découvrir une liberté nouvelle et trembler pour leurs soldats.

Gilberte, la narratrice, adolescente de 15 ans, perçoit déjà bien les tensions qui existent dans la famille, la fragilité de sa mère, trop belle et engluée par l'adoration de son mari.

L'horreur de la guerre s'insinue doucement au fil du récit, au fur et à mesure que les mauvaises nouvelles parviennent au domaine.

J'étais un peu inquiète en lisant les premières pages de ce roman : ça commence un peu "fleur bleue", la campagne, les histoires de famille. Mais très vite, le contexte historique s'impose et transforme parfois le roman en documentaire : la vie à la campagne, les antécédents de la famille, comment elle s'est constituée, tout cela est très réel et prépare à la suite, la transformation de la vie des femmes, la rapide désillusion des hommes, partis pour récupérer l'Alsace et la Lorraine et très vite confrontés aux conséquences de la mauvaise préparation du conflit.

Il y avait très longtemps que je n'avais plus lu Hortense Dufour. J'avais gardé un bon souvenir de " La marie-marraine". J'ai dévoré "Le bois des abeilles", d'autant que le sujet s'est trouvé en plein dans l'actualité, avec la disparition récente du dernier Poilu. Ce roman nous replonge dans cette période tourmentée, sans tomber dans l'excès de scènes de guerre sanglantes.

Ce livre fait partie de mon défi lecture 2008, Le nom de la rose, pour la catégorie "un nom d'animal dans le titre".

vendredi 15 février 2008

La femme en vert

La femme en vert – Arnaldur Indridason
Paru en janvier 2007 chez Points Seuil.
Traduit de l'islandais par Eric Boury

Un squelette est découvert dans un quartier en périphérie de Reykjavik. Le commissaire Erlendur dirige l'enquête afin de découvrir qui est la victime et dans quelles circonstances elle a été tuée. Il est assisté de ses adjoints, Elinborg et Sigurdur Oli.
Parallèlement au récit de l'enquête, nous suivons Erlendur dans la recherche de sa fille, Eva Lind, qu'il sait en difficulté, puis ensuite dans son attente du réveil de celle-ci, à l'hôpital, où elle est plongée dans le coma.
L'auteur raconte également la vie d'une famille, avant guerre, dont la mère est victime de la violence de son mari. On devine rapidement qu'elle a sans doute quelque chose à voir avec le squelette, mais la vérité n'éclate qu'à la fin du livre.

Ce qui marque ce roman, c'est la lenteur, imposée à l'histoire par le fait que ce sont des archéologues qui doivent dégager le squelette de la terre où il est enfoui, et qu'ils le font à leur rythme, qui n'est pas celui habituel des enquêtes de police. Cette lenteur permet à Erlendur de consacrer du temps à sa fille et de réfléchir au sens de sa vie.

J'ai reçu ce livre de Marie, dans le cadre du swap Lit-Thé-rature. C'est le premier roman que je lis de cet auteur, et j'ai été conquise par cette histoire, qui va au-delà d'une simple enquête policière.

Ce livre fait partie de mon défi lecture 2008, pour la catégorie "une couleur dans le titre".

Il a reçu le grand prix littéraire des lectrices de Elle 2007.

D'autres commentaires sur ce livre : La fiche sur le site des Editions Metailié, où il est paru initialement en 2006, Polar Noir, Sophie, Chimère, Marie, Clarabel, Chaperlipopette, Le bibliomane, Valdebaz, Yvon.

lundi 31 décembre 2007

Le Nom de la Rose : un défi lecture pour 2008


Grâce à Betty, j'ai trouvé un défi lecture pour 2008 à ma portée, proposé par Grominou !

Voici donc ma liste :
  1. Un livre avec une couleur dans le titre: La femme en vert d'Arnaldur Indridason.

  2. Un livre avec un nom d'animal dans le titre: Le bois des abeilles d'Hortense Dufour.

  3. Un livre avec un prénom dans le titre: Luz ou le temps sauvage d'Elsa Osorio.

  4. Un livre avec un nom de lieu géographique dans le titre: Le Bénarès-Kyoto d'Olivier Germain-Thomas.

  5. Un livre avec un phénomène météorologique dans le titre: Pluie et vent sur Télumée Miracle de Simone Schwarz-Bart.

  6. Un livre avec un nom de plante dans le titre: Matin de roses de Naguib Mahfouz.
Les cinq premiers sont déjà dans ma PAL. Enfin, une motivation pour la faire diminuer !