Affichage des articles dont le libellé est Challenge Les pavés de l'été 2025. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Challenge Les pavés de l'été 2025. Afficher tous les articles

mercredi 10 septembre 2025

Le Grand Monde


Le Grand Monde - Pierre Lemaitre    

Calmann-Levy (2022)
Les années glorieuses (tome 1)

Beyrouth, mars 1948. Comme tous les premiers dimanches de mars, la famille Pelletier fête l’anniversaire de la savonnerie familiale, fondée par Louis Pelletier et son épouse Angèle dans les années vingt. L’occasion pour le lecteur de découvrir le rituel immuable de l’évènement mais aussi de faire connaissance avec les membres de la famille, les deux fondateurs et leurs quatre enfants. 

Jean, l’ainé, surnommé Bouboule depuis l’enfance, a échoué à reprendre l’entreprise familiale et s’est établi à Paris avec Geneviève, son épouse, la fille du receveur des postes de Beyrouth, une mégère qui lui mène la vie dure. 
François, le cadet, a lui aussi rallié Paris pour intégrer l’école normale supérieure, c’est du moins ce qu’il a prétexté pour échapper à l’emprise familiale et on découvrira rapidement qu’il a d’autres ambitions.
À chaque départ de l’un de ses enfants, Mme Pelletier est presque à l’agonie et c'est de nouveau le cas en ce mois de mars 1948 puisque cette fois, c’est Étienne, le troisième fils, qui quitte le nid familial pour s’envoler vers Saïgon rejoindre son amant, Raymond, un légionnaire belge engagé dans les combats entre la France et le Viet-Minh. Étienne a trouvé un poste à l’Agence indochinoise des monnaies et il espère que son arrivée à Saïgon lui permettra d’avoir des nouvelles de Raymond dont il n’a plus reçu de courrier depuis plusieurs semaines.
Quant à la benjamine de la famille, Hélène, elle prépare son bachot et envisage avec crainte la perspective de se retrouver seule avec ses deux parents à Beyrouth. Elle non plus ne résistera pas longtemps à l’appel de la vie parisienne.
 
 

Avec ce premier tome d’une nouvelle série, j’ai retrouvé le Pierre Lemaitre de la trilogie Les enfants du désastre. Toujours le même talent pour dérouler une fresque qui se tient cette fois non plus dans l’entre-deux guerres mais dans les années de pénurie et de reconstruction d’après-guerre. Si le début de l’histoire s’intéresse principalement à Étienne et à ses aventures indochinoises, par la suite le récit se déploie vers les autres enfants Pelletier, au fur et à mesure que se produisent des évènements rocambolesques qui permettent au lecteur de découvrir des univers variés et pittoresques.

Néanmoins, j’ai peiné au début à m’intéresser aux démêlés professionnels d’Étienne à Saïgon, j’y ai trouvé quelques longueurs mais il faut bien en passer par là puisque ses découvertes à propos d’un trafic vont peu à peu provoquer l’implication du reste de la fratrie. Et puis, la réapparition de certains personnages d’Au Revoir là-haut lors d’un vrai coup de théâtre ravive l’intérêt de l’intrigue, pour ceux qui ont lu la première trilogie.

J’attends avec impatience de dénicher à la médiathèque ou ailleurs le deuxième opus de la série, Le silence et la colère, car j’ai déjà, sur mes étagères, le troisième tome, Un avenir radieux, que j’ai eu la chance de trouver dans une boîte à livres près de chez moi.

Le descriptif de l’éditeur qui laisse entrevoir la succession des rebondissements : 

La famille Pelletier
Trois histoires d’amour, un lanceur d’alerte, une adolescente égarée, deux processions, Bouddha et Confucius, un journaliste ambitieux, une mort tragique, le chat Joseph, une épouse impossible, un sale trafic, une actrice incognito, une descente aux enfers, cet imbécile de Doueiri, un accent mystérieux, la postière de Lamberghem, grosse promotion sur le linge de maison, le retour du passé, un parfum d’exotisme, une passion soudaine et irrésistible.
Et quelques meurtres.

 Ce roman de 592 pages me permet une nouvelle fois cet été de participer au challenge Les Pavés de l'été 2025 proposé par Sybilline.


 

samedi 30 août 2025

Revenir à Vienne

Revenir à Vienne - Ernst Lothar 

Liana Levi - collection Piccolo (2020) 
Traduit de l'allemand par Elisabeth Landes

Félix von Geldern, un jeune juriste issu d'une riche famille de banquiers viennois a quitté l'Autriche en 1938 après l'Anschluss parce qu'il ne voulait pas devenir allemand. Presque toute sa famille l'a accompagné, seule sa mère, veuve, est restée à Vienne. En 1946, Félix et sa grand-mère Viktoria viennent juste d'obtenir la nationnalité américaine et Félix envisage de se fiancer à Livia, la jeune soeur de sa logeuse, qui est très amoureuse de lui. Maintenant que le retour en Europe est possible, Félix est mandaté par ses oncles pour aller inspecter l'état de leurs affaires, d'abord dans la filiale parisienne puis au siège viennois de la banque. Sa grand-mère l'accompagnera.

Après un séjour parisien décevant, l'arrivée à Vienne est un choc. La mère de Félix, qui les accueille et les héberge, est quasiment aveugle, à cause des privations de la guerre, ce qui ne l'empêche pas d'avoir toujours des sympathies pro-nazies. La ville est en ruines, occupée par les troupes américaines, que la population locale, affamée, tient pour responsable des bombardements destructeurs. L'accueil des émigrés est plutôt frais : ils n'ont pas connu les horreurs de la guerre, ont vécu la belle vie aux États-Unis, sont devenus américains et sont donc du côté des occupants, ils ont le culot de venir demander des comptes sur la marche de leur banque et sur le comportement de leurs anciens compatriotes. Félix a la suprise de retrouver Gertrud, son ancienne fiancée qu'il croyait morte. La jeune femme est entretenue par un colonel américain et il se dit qu'elle a été la protégée de Goebbels. Félix se sent tenu par son engagement d'avant-guerre et tient à l'épouser, tout en étant très suspicieux à l'égard de ses anciennes fréquentations.

Dès son arrivée, Félix est convoqué au tribunal comme témoin dans le procès d'anciens dignitaires du régime nazi. Il se rend vite compte que les autorités sont très complaisantes et ne souhaitent que tirer un trait sur la période de la guerre afin de passer à autre chose, comme tous ceux qui se sont compromis avec l'occupant nazi. D'une façon générale, la population autrichienne s'estime victime du nazisme et reproche maintenant à l'occupant américain de ne pas en faire assez pour reconstruire le pays. 

C'est un livre que j'ai lu avec intérêt car il éclaire un pan de l'histoire autrichienne que je ne connaissais pas. L'auteur dépeint très bien l'incompréhension qui règne entre les émigrés de retour au pays et ceux qui ont vécu l'invasion allemande et la période de guerre. Chacun s'accroche à sa rancœur et peine à prendre en compte la situation de l'autre.

D'Ernst Lothar, j'ai déjà lu Mélodie de Vienne et j'ai trouvé un point commun entre ces deux romans : les personnages ne sont pas sympathiques. Cela explique sans doute l'impression mitigée qui reste à l'issue de leur lecture. Personnellement, j'ai besoin de ressentir un peu d'empathie avec au moins un héros de l'histoire. 

Néanmoins, je ne regrette pas du tout cette lecture d'été dont les 544 pages de l'édition Piccolo m'ont permis de participer au challenge Les Pavés de l'été 2025 proposé par Sybilline


jeudi 31 juillet 2025

D'or et d'argent


D’or et d’argent – Kathleen Winsor 

Éditions Phébus (1994) - 806 pages  
Traduit de l’anglais par Janine Hérisson  

Paru en 1968 chez Gallimard sous le titre La Drogue Jaune 

Grande fresque romanesque - plus de huit cents pages - qui dépeint sur une durée de vingt ans l’évolution de deux familles apparentées. D’un côté, deux frères aventureux, Matt et Pete Devlin, se lancent à la recherche de l’or enfoui dans le sol du Territoire du Montana, pas encore rattaché à l’Union. De l’autre, le beau-frère de Matt, Joshua Ching, financier ambitieux, est prêt à tout pour devenir l’homme le plus riche de la ville de New York.
 

 

 

Quand l’histoire commence, Matt et Pete sont déjà depuis deux années dans le Montana, d’abord au camp de Bannack, où les premiers filons ont été découverts. Puis, lorsque ceux-ci se sont taris, ils se sont déplacés près de ce qui deviendra Virginia City, où ils ont poursuivi leurs activités, jusqu’à ce que leur situation financière permette à Matt de faire venir sa famille de New York. Après un long périple arrivent donc sa femme Marietta et leurs cinq enfants, âgés de sept à seize ans. On suivra particulièrement Morgan, le fils ainé, et Lisette, treize ans, dans la suite des évènements.
Dans L’Est, Joshua Ching, en marge de ses affaires, a décidé de marier sa fille Suki et mène la recherche du gendre idéal comme il traiterait l’acquisition d’une entreprise ou la sélection d’un nouveau partenaire. 

 

Impossible de résumer en quelques lignes ce roman-fleuve. Les péripéties s’enchaînent dans chaque famille, dans des cadres différents, mais toujours avec le même objectif : réussir. Dans l’Ouest, c’est le seul moyen pour échapper à la dure vie de labeur des mineurs. Il faut avoir du courage, du flair, prendre des risques pour sortir du lot. C’est ce que font Matt et Pete en créant leur compagnie puis leur banque. Des années plus tard, Morgan se tournera vers l’extraction de l’argent et du cuivre lorsque les filons d’or seront épuisés.
Dans l’Est, les dangers sont d’un autre ordre mais on se salit aussi les mains, même si c’est au figuré. Ici, c’est la prise de participation dans les affaires publiques qui permet de s’enrichir, même s’il faut utiliser la corruption, la trahison et les jeux d’influences. 
 

À la description détaillée des agissements des principaux héros viennent se mêler les histoires d’amour, plus ou moins contrariées, qui apportent une touche romanesque. Il y a parfois des longueurs, des personnages dont on aurait pu se passer mais qui correspondent à des figures de la société de l’époque, comme le voyou un peu plus malin que la moyenne, sa sœur qui rêve de devenir actrice ou la fille de petite vertu qui apporte le réconfort et la tendresse au magnat malheureux en ménage. Chacun ou chacune, à son niveau, doit œuvrer pour tenter de se sortir de sa condition, de trouver sa place, même s’il faut accepter d’être le jouet des plus influents.
 

J’ai été très intéressée par tout ce qui concernait la recherche du minerai dans le Montana. On sent que l’auteure s’est documentée pour présenter tous les aspects de la vie du chercheur d’or. Elle a su, à travers ses personnages, faire prendre conscience de la fièvre qui saisit les hommes face au rêve ultime, les pousse à s’épuiser et à risquer leur vie. J’ai été moins captivée par la description des manœuvres financières dans l’Est, même si certaines opérations rappellent des situations encore très actuelles !
 

Grâce aux 806 pages de ce gros livre de Kathleen Winsor, par ailleurs connue pour son roman Ambre, je participe à deux challenges de l’été : 

 

 

 

Les Épais de l'été 2025, organisé chez dasola par ta d loi du cine, concerne les livres lus de plus de 700 pages.



 

 

Le challenge des Pavés de l'été 2025, proposé par Sybilline sur le blog La Petite Liste, accueille les lectures de plus de 500 pages.

 

 

 

 

 

 

 

Pour en savoir plus sur la ruée vers l'or dans le Montana sur Wikipédia.