mercredi 3 octobre 2012

Ten big ones



Ten big ones – Janet Evanovich
Headline Book Publishing (2004)

 The way I see it, life is like a jelly doughnut. You don’t really know what it’s about until you bite into it. And then, just when you decide it’s good, you drop a big glob of jelly on your best T-shirt. (Page 1).

Ce dixième épisode commence fort, avec ces considérations philosophiques dès la  première phrase et avec  l’incendie de la Ford de Stéphanie dès la page 6. Mais comme elle le dit elle-même, ce n’est pas de sa faute ! 
Alors qu’elle et Lula discutent de leur prochain goûter devant une épicerie, elles assistent à la fuite du Diable Rouge qui vient de commettre un hold-up dans la boutique. Pour faire diversion, l’agresseur lance un cocktail Molotov dans l’épicerie. Mais le propriétaire le récupère avant qu’il n’explose, le lance à la tête du malfaiteur, sur laquelle il rebondit avant d’aller percuter la Ford de Stéphanie, y mettant le feu instantanément.  Or, Stéphanie a aperçu furtivement le visage du Diable Rouge sous son masque et devient de ce fait une menace pour les bandes de gangsters dont il fait partie. Notre chasseuse de primes préférée se retrouve la cible d’un contrat confié à un tueur à gages, venu spécialement de Californie. Il est temps pour Stéphanie de disparaître de la circulation. Heureusement, elle a réussi à trouver l’antre secret de Ranger et elle profite de son absence pour s’installer chez lui.

Même si j'ai sûrement loupé plein de subtilités lors de cette lecture en VO, cet épisode est plein de surprises. J’ai retrouvé avec plaisir les personnages habituels : les membres de la famille de Stéphanie, Lula l’ex-prostituée convertie en assistante chasseuse quand elle ne fait pas de classement et bien sûr Ranger et Morelli, les deux hommes qui comptent pour  elle, chacun à sa façon. 
Mais sous les gags et les rebondissements, il y a malgré tout une réflexion sur la condition féminine qui perce. Certes, Stéphanie se cache pour échapper au tueur mais c’est également une façon de refuser de se soumettre à la vie plus tranquille que Morelli voudrait pour elle. Dès que sa relation avec Morelli s’embourgeoise un peu trop, Stéphanie a besoin d’affirmer son indépendance et de se mettre en danger. Et bien, dans cet épisode, elle est servie et nous aussi !

D'autres avis chez Marnie, Karine et Joëlle.
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dimanche 23 septembre 2012

Ashworth Hall

Ashworth Hall – Anne Perry

Fawsett Books (1997)

C’est une mission très particulière qui vient d’être confiée au surintendant Pitt, alors qu’il enquêtait sur la mort d’un policier, infiltré dans une organisation luttant pour l’indépendance de l’Irlande vis-à-vis de la Couronne britannique. Une conférence secrète  sur la question Irlandaise doit se tenir à Ashworth Hall, sous le couvert d’une partie de campagne. Les négociations avec les différents courants politiques irlandais seront menées par Ainsley Greville, du ministère de l’Intérieur. Mais Greville a reçu des lettres de menaces et il a été victime d’un « accident », ressemblant  davantage à une tentative de meurtre. Il a donc demandé l’assistance de la police pour sa sécurité et Pitt est le mieux placé pour le protéger incognito. En effet, Ashworth Hall est la demeure d’Emily, la sœur de Charlotte Pitt. Rien d’étonnant à ce que Charlotte et son mari participe à une partie de campagne automnale, accompagnés de leur bonne et d’un valet, rôle tenu en réalité par l’inspecteur Tellman.

J'avais choisi ce titre pour les vacances, en version originale, en sachant que j'aurais du temps pour lire en anglais. Je m'attendais à devoir consulter souvent le dictionnaire mais finalement, je n'ai pas trop peiné à terminer ce livre dans un délai très acceptable. Peut-être parce que l'histoire m'a vraiment intéressée, mêlant enquête policière et réalité historique.  
Les négociateurs représentent tous les courants politiques, extrémistes ou modérés des deux côtés. Ils ont venus avec leurs domestiques qui vont cohabiter avec le personnel de la maison, ce qui donne lieu à des luttes d'influence à l'office également. Assez vite, le séjour tourne à la farce lorsqu'un adultère est découvert, mettant en péril le climat des négociations. Et puis, le drame survient, il y a un mort et William Pitt n'a plus de doute sur l'utilité de sa présence dans les lieux, même si la découverte du coupable va lui donner du file à retordre.
En résumé, une intrigue qui se tient et une étude sociologique captivante !

Lu également par Lilly, Choupynette et Sharon.
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lundi 10 septembre 2012

Flambant neuf



Flambant neuf – Janet Evanovich
Editions Payot & Rivages ( 2006)
Traduit de l’anglais par Philippe Loubat-Delranc

Vinnie, cousin de Stéphanie Plum et patron de l’agence de cautionnement judiciaire où elle travaille vient d’avoir les honneurs de la presse locale. Il a mis en place un nouveau type de caution pour garantir les permis de travail accordés temporairement aux étrangers munis d’un visa.  Le premier bénéficiaire de cette caution est Samuel Singh, originaire d’Inde, employé chez TriBro Tech qui a financé sa caution et logé chez Mme Apusenja, elle-même d’origine indienne. 
Arrivant à l’agence ce matin-là, après une arrestation mouvementée, Stéphanie trouve Mme Apusenja et sa fille venues confier à Vinnie la mission de retrouver Samuel Singh qui a disparu, juste une semaine avant l’expiration de son visa. Ce qui ennuie Mme Apusenja, c’est que Samuel était fiancé à sa fille Connie et qu’elle est décidée à ne pas laisser disparaître un parti aussi avantageux. Connie est surtout ennuyée car son petit chien Bouh a disparu en même temps que Samuel. Et c’est d’ailleurs le sort de cet adorable petit chien blanc qui convainc Stéphanie de seconder Ranger dans cette mission d’importance.   

 Une fois encore, Stéphanie passe du rôle de chasseur de primes à celui de la proie, pourchassée par un tueur qu’elle peine à identifier, se laissant berner par ses premières impressions. Comme d’habitude, Stéphanie peut compter sur Lula et Mamie Mazur pour l’assister dans les moments difficiles. Et quand tout va mal, Joe Morelli, le policier de son cœur, et Ranger, son mentor, associent leurs efforts pour la sortir du pétrin. L'intrigue est solide, dans la continuité du précédent épisode et nous offre une virée à Las Vegas en compagnie de Stéphanie, Lula et Connie, la secrétaire de l'agence, sur les traces de Singh.

Cette neuvième aventure est la dernière traduite en français. Si je veux lire la suite des aventures de Stéphanie, la chasseuse de primes la plus gaffeuse qui soit, il va falloir que je me mette à la version originale. Mais je crains que mon niveau d’anglais me fasse perdre une bonne partie de la fantaisie de l’intrigue ! En tout cas, ce sera sûrement un bon moyen d’augmenter mon vocabulaire, côté argot bien sûr !

D'autres avis chez Zaahne,  Lou et Petite Fleur.
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mardi 14 août 2012

Le canapé rouge


Le canapé rouge – Michèle Lesbre
Sabine Wespieser éditeur (2007)

Anne, la narratrice, a entrepris un long voyage, sur les traces de Gyl, un homme avec lequel elle a vécu auparavant. Gyl est parti soudainement s’établir au bord du lac Baïkal, puis un jour n’a plus donné de nouvelles. Vaguement inquiète, Anne a pris place à bord du transsibérien, en direction d’Irkoutsk. Dans son récit de voyage qui mêle la description des paysages traversés et celle des compagnons de train, s’intercalent ses souvenirs, avec ou sans Gyl, et ses réflexions présentes autour d’une vieille dame, Clémence Barrot, sa voisine du deuxième étage, assise sur son canapé rouge et à qui elle fait régulièrement la lecture.

Je ne connaissais pas Michèle Lesbre, je la découvre avec ce roman que j’ai beaucoup aimé. On pourrait croire qu’il ne passe pas grand-chose dans ce texte intime et minimaliste mais j’ai pourtant vu défiler les paysages sibériens depuis les fenêtres de ce train mythique, tandis que les souvenirs de la narratrice font s’entrecroiser les vies des différents acteurs de cette histoire : ceux de maintenant et les femmes dont elle raconte l’existence hors norme à Clémence. 
Un très beau voyage, comme seul le permet le train, dans l’espace et le temps, reliant hier et aujourd’hui, très évocateur des combats révolutionnaires et féministes qui percent à travers les lignes.

Extrait page 21-22 :
J’étais portée par le désir, un désir que mon inquiétude à propos de Gyl attisait de jour en jour. Et puis il avait fait ce voyage avant moi, son regard avait erré dans ces paysages, sur ces quais, il avait dû s’abandonner à la rêverie devant ce défilé de bouleaux, de pins, d’usines éventrées, de marécages, de ciels embrasés le soir quand brusquement la lumière s’irisait, juste avant la nuit.
Je ne courais pas après un vieil amour, mais c’était comme s’il représentait tous les autres, comme s’il les contenait tous en une seule histoire qui me ressemblait, plurielle et une à la fois. La vieille dame semblait me suivre dans ce train, je pensais à elle souvent. Nous allions, chacune à sa façon, vers ces instants de nos vies où tout avait commencé.
Le site de l'éditeur qui permet de lire un extrait.
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vendredi 3 août 2012

Pause estivale

Voici venu le temps des vacances ! 
Cap plein ouest cette année !


lundi 30 juillet 2012

Eux sur la photo


Eux sur la photo – Hélène Gestern
Arléa (2011)

Hélène Hivert n’a pas connu sa mère, Nathalie  morte alors qu’elle n’avait que trois ans. Elle a été par la suite légalement adoptée par la deuxième épouse de son père, Sylvia, qui a été une mère tendre et attentionnée pour elle. Alors que son père est mort et que Sylvia, atteinte de la maladie d’Alzheimer, ne peut plus répondre à ses questions sur sa mère biologique, Hélène a trouvé entre les pages d’un livre une coupure de journal datant de l’été 1971. Un entrefilet relate les résultats d’un tournoi de tennis amateur qui s’est tenu à Interlaken, dont les vainqueurs étaient Mme N. Hivert et M. P. Crüsten. Tous deux figurent sur une photo, en compagnie d’un autre homme qui n’est pas nommé.

Il s’agit d’un roman épistolaire, qui sait utiliser à merveille les moyens modernes de communication. Au début, les premiers contacts entre Hélène et Stéphane se font par lettres, classiquement, ils s’appellent Monsieur et Madame, sont très formels. Puis, c’est une véritable amitié qui s’installe, petit à petit, pleine de confiance et de discrétion.  Lorsque Stéphane doit partir travailler en Islande, la correspondance avec Hélène se fait par mail afin de gagner du temps. Quelquefois, ils échangeront des SMS, surtout une fois qu’ils se seront rencontrés en face à face. Mais de ces rencontres, le lecteur en saura très peu,  même lorsque la relation évolue au-delà de l’amitié.  Et c’est cette pudeur que j’ai aimé dans ce livre, délicat et émouvant sans jamais être mièvre. 
De nombreux billets à propos de ce livre font référence à Quand souffle le vent du Nord de Daniel Glattauer, à cause de sa forme épistolaire, sans doute. En ce qui me concerne, il n’y a rien de semblable entre ces deux livres, si ce n’est le genre. Autant j’avais détesté le minaudage d’Emmy, autant j’ai apprécié ici la justesse des émotions et la sincérité des correspondants. Plusieurs fois, les découvertes menacent de bouleverser leur relation mais tour à tour, chacun trouve des ressources pour continuer la quête et se méfier des faux-semblants. 

Ce livre est une réussite et je le recommande fortement.

Je l'ai découvert grâce au billet de Liliba, et j'ai lu les avis de Leiloona, de Sharon et de leverentz.

Le site des éditions Arléa propose un petit extrait, qui décrit la photo qui va tout déclencher.


Et moi j'ai choisi celui-ci (page 117)

Vous avez raison, mes parents m’aimaient. J’en ai parfois douté pour mon père, qui était ombrageux et assez distant avec moi, puis cette idée m’est passée. C’était un militaire, pas très expansif, ni par la parole, ni par le geste. Même à la fin de sa vie, quand il était très malade, j’avais du mal à le toucher. Sylvia m’a raconté que, quand j’étais petite, il m’est arrivé de lui dire « vous » au lieu de « tu » tellement il m’impressionnait. De temps en temps, il avait des accès de colère dont je comprends mieux le sens aujourd’hui (comme casser en deux mon trente-trois tours des Chœurs de l’armée Rouge, que j’écoutais en boucle dans ma chambre à l’adolescence). Avec le recul, je pense que c’est un homme qui avait beaucoup souffert et ne voulait pas le laisser voir.
Il est question dans ce livre de l'église orthodoxe de Saint-Serge de Radonège à Paris XIXème. En voici une photo trouvée sur Internet :

 Source photo : VivianeTiercelin
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