mardi 28 juillet 2009

Un été d'écrivains avec Philippe Claudel

Ce soir sur France-Inter, à partir de 20h10, Brigitte Kernel recevait Philippe Claudel dans son émission "Un été d'écrivains".


Ensemble, ils évoquent les livres de Philippe Claudel, son film "Il y a longtemps que je t'aime", celui d'Yves Angelo, "Les Âmes grises".

Il y aussi ce projet interrompu, l'adaptation de "La petite fille de M. Linh", mais que Philippe Claudel ne regrette pas. Pour lui, un bon livre ne deviendra pas forcément un bon film.

A réécouter pendant sept jours, ici, afin de ne pas manquer sa lecture à voix haute du début de "La petite fille de M. Linh", livre dont je garde un magnifique souvenir.

mardi 21 juillet 2009

Mille femmes blanches

Mille femmes blanches - Jim Fergus
Le cherche midi éditeur (2000)
Traduction de l'anglais par Jean-Luc Piningre


Sous-titré "Les carnets de May Dodd", ce roman s'appuie sur un fait réel.

En 1875, un chef de la tribu des cheyennes proposa au président Grand d'échanger 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux, afin de faciliter l'intégration de ses guerriers dans le monde de l'Homme Blanc.


Dans ces carnets, May Dodd, l'une des femmes volontaires pour ce curieux échange, relate les évènements qui l'ont amenée dans cette aventure. Rejetée par sa famille, en raison d'un comportement en dehors des normes de l'époque, May a été enfermée dans un asile psychiatrique et séparée de ces deux enfants, nés hors mariage. Accepter de participer à cette expérience est le seul moyen pour elle de sortir de cette prison et d'espérer revoir ses enfants, une fois qu'elle aura donné naissance à un enfant cheyenne.

Nous la suivons dans sa découverte de la vie indienne, au grand air, en compagnie d'autres femmes blanches, où se retrouvent les archétypes de la société de l'époque : vieilles filles aigries ou pleines d'espoir, prostituées, femmes hors normes, malades mentales ou délinquantes, missionnaires prêtes à convertir de nouveaux adeptes.


Cette histoire est magnifique, racontée par une femme à l'esprit ouvert, qui sait s'adapter aux situations nouvelles, sans préjugés. C'est aussi une femme de passion, qui assume ses choix et ses responsabilités.
La lecture de ce roman fort apporte un contraste à beaucoup de films qui présentent les Indiens d'Amérique uniquement comme des guerriers sanguinaires et sauvages. Certes, il y en eut mais la conquête de l'Ouest, nous le savons déjà, a fourni aux hommes blancs de tristes occasions d'exercer leur cruauté et leur pouvoir pour exterminer les tribus indigènes.

J'ai beaucoup aimé ce livre et l'ai lu en quelques jours, ce qui est rare pour moi. Je ne peux que le recommander, si vous avez soif d'aventures et de dépaysement !

Des avis enthousiastes parmi les rats de biblio, celui d'Élodie.

Cette lecture entre dans le cadre de mon challenge Blog-o-trésors, proposé par Grominou.

samedi 18 juillet 2009

Une tombe accueillante

Une tombe accueillante - Michael Koryta
Éditions du Seuil - Collection Policiers n°200 - Mai 2009
Traduction de l'anglais (US) par Mireille Vignol.


Lincoln Perry s'est fait virer de la police, après avoir tabassé l'avocat Alex Jefferson, qui lui a piqué sa fiancée, Karen et l'a épousée. Depuis, Lincoln dirige son agence de détectives, aidé de son ami Joe, momentanément hors-course pour cause de blessure.
Lorsque le corps d'Alex Jefferson est retrouvé, salement abimé, Lincoln est suspecté par l'inspecteur Tarent, chargé de l'enquête mais a un alibi.
Karen, la veuve, lui demande de retrouver le fils d'Alex, Matthew, brouillé avec son père depuis des années et dont elle est sans nouvelles. Lincoln, qui ne peut rien lui refuser, se lance à la recherche de Matthew, qui se retrouve, sans le savoir, héritier d'une fortune considérable. Sa quête n'est pas bien longue ni bien compliquée. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu. Et la situation se complique pour lui !

Je lis assez peu de romans policiers. Aussi, lorsque Suzanne, de chezlesFilles.com, m'a proposé ce titre, j'ai profité de l'occasion. Et je ne regrette pas cette découverte.

Ce qui semble au départ une enquête banale va se transformer petit à petit en un cauchemar pour Lincoln, qui se retrouve assez vite dans la peau de suspect, piégé par une accumulation d'indices qui le désignent comme un parfait coupable. Pour se sortir de la situation, Lincoln va devoir réactiver certains contacts qui ne sont pas sans danger pour lui.

J'ai bien aimé ce livre qui prend son temps et s'attache à la description des personnages, parfois au détriment du rythme de l'enquête. Le lecteur accompagne le détective dans sa découverte de cette affaire de plus en plus plus sombre et partage sa peur et sa solitude face à des manigances qu'il découvre peu à peu. Et j'ai bien envie de retrouver Lincoln Perry dans "Et que justice soit faite", paru en 2008 dans la même collection et disponible également en poche chez Points Seuil.

Merci à ChezLesFilles.com
et aux éditions du Seuil
pour cette offre.



D'autres avis chez Kenza, Saphoo, Hannibal, Wictoria, Keisha, et pour finir, celui de la "moitié" d'Armande, qui vaut le détour.

lundi 6 juillet 2009

Le monde selon Monsanto

Le monde selon Monsanto - Marie-Monique Robin
Nouvelle édition parue en Mars 2009 en version poche. Éditions La Découverte / Arte éditions.
Préface de Nicolas Hulot. Postface inédite de l'auteur.


Le sous-titre de cet ouvrage résume parfaitement son contenu : "De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien".

Marie-Monique Robin s'intéresse dans ce document à la société Monsanto, multinationale basée à Saint-Louis, Missouri et implantée dans quarante-six pays. Connue actuellement pour sa position dominante dans la commercialisation de semences transgéniques, Monsanto est présente dans l'industrie chimique depuis sa création en 1901 et s'est "illustrée" dans la production de nombreuses substances controversées : les PCB, la dioxine, l'hormone de croissance bovine puis un herbicide bien connu qui détruit tout sur son passage sauf les espèces transgéniques conçues pour y résister. L'auteur dénonce les méthodes utilisées par l'entreprise pour imposer ses produits, bâcler les études d'impact, masquer les mauvais résultats ou les falsifier.
A propos des OGM, elle met en évidence la stratégie de Monsanto pour prendre le contrôle de l'agriculture mondiale, sous couvert de "nourrir l'humanité".

Si je devais utiliser un seul adjectif pour qualifier mon impression suite à cette lecture qui m'a passionnée, ce serait : terrifiant !

Et pourtant, mon parcours professionnel m'incitait plutôt à une certaine indulgence pour ce secteur d'activité, puisque j'ai travaillé plusieurs années chez un des leaders de l'industrie phytosanitaire. Là aussi j'ai été arrosée par ces discours utopiques sur la perspective de donner à manger à la planète entière et surtout aux plus démunis, sans en être dupe : comment les pays pauvres pourraient-ils se payer ces produits conçus pour les riches et pour une agriculture intensive.
En ce qui concerne les OGM, les présentations auxquelles j'avais assistées dans cette entreprise, également impliquée, m'avaient donné une tout autre impression que celle laissée par le livre de Marie-Monique Robin. Il faut dire que les années ont passé et que les rendements promis n'ont pas été atteints, des effets secondaires se sont produits, des résistances sont apparues.

Il m'est impossible de résumer ce livre, si dense et si démonstratif. Mais je ne peux que recommander sa lecture car il met en évidence des pratiques que je n'imaginais pas et permet de mieux comprendre la violence de la contre-réaction, parfois.


J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio. Merci à eux et aux éditions Arte/La Découverte.



Un seul bémol à cette lecture, qui m' a ralentie dans ma progression : c'est la taille de la police d'imprimerie de cette nouvelle édition de poche, trop petite à mon gré ! Ce défaut n'existe peut-être pas dans l'édition initiale.

mercredi 17 juin 2009

Les quatre vérités

Les quatre vérités - David Lodge
Novella parue en 2000 aux éditions Payot & Rivages
Traduction de l'anglais de Suzanne V. Mayoux
Édition de poche en 2002.


Adrian Ludlow, romancier qui a connu son heure de gloire quelques années auparavant, s'est "réfugié" à la campagne, dans le Sussex, en compagnie de sa femme Éleanor. À l'abri du tapage médiatique et des critiques redoutées, il savoure sa tranquillité. Il ne publie plus que des anthologies. Un beau dimanche d'août 1997, il reçoit la visite de Sam Sharp, un vieil ami depuis leurs années communes à l'université, et qui a cédé, lui, à l'attrait de la célébrité, en devenant scénariste de téléfilms sur la côte ouest des États-Unis. Sam est furieux de la parution d'une interview dans le Sentinel Review, journal du dimanche. La jeune journaliste, Fanny Tarrant, à qui il s'était imprudemment confié, a exploité sa confiance et l'a ridiculisé dans son article. En signe de vengeance, Adrian et Sam renouent avec leur complicité d'antan et décident de tendre un piège à la jeune femme : Adrian accepte de rompre le silence médiatique qu'il s'est imposé et propose d'accorder une interview à la jeune journaliste, sûr d'être en mesure de résister à sa langue de vipère et à ses commérages. Il essayera de lui soutirer quelques propos personnels pour en tirer matière à un article vengeur qu'il compte publier dans le Chronicle.

Évidemment, la réalité va être bien différente de ce qui était prévu ! Au cours de l'interview, Adrian se laisse entraîner à des confidences concernant sa femme.
Éleanor, ulcérée, va à son tour dévoiler à Fanny des aspects du caractère d'Adrian qu'il avait réussi à masquer.

Le dernier chapitre nous fait partager l'angoisse d' Adrian et d'
Éleanor, en ce dernier dimanche d'août 1997, attendant l'arrivée des journaux. Tellement obnubilés par le contenu du fameux article de Fanny, ils n'ont ni écouté la radio, ni regardé la télévision et ne se doutent pas qu'un drame d'une autre portée va monopoliser l'attention internationale.

J'ai bien aimé ce court roman de David Lodge, une "novella" qu'il a tirée d'une de ses pièces. Comme d'habitude chez cet auteur, le ton est ironique et mordant, sans complaisance pour ces intellectuels qui se regardent le nombril, bien protégés des vicissitudes du commun des mortels ! Au cours des différents échanges verbaux entre les personnages, ils apparaissent tour à tour sympathiques puis antipathiques, selon qu'ils sont véritablement sincères ou bien soucieux de composer une attitude. Adrian, pourtant rétif à la médiatisation, ne peut résister à sa vanité, face à la journaliste qui lui porte une certaine admiration, réelle ou inventée. Éleanor, femme frustrée, qui a tout abandonné pour protéger son mari, laisse exploser sa rancœur. Et Sam, qui apparait au début comme la pauvre victime d'une arriviste aux dents longues, ne méritait peut-être pas mieux !
A noter la postface très intéressante de David Lodge lui-même, qui explique les raisons pour lesquelles il a transcrit sa pièce en "novella".

L'avis de Lilly et d'autres chez Zazieweb.

mercredi 10 juin 2009

Des livres pour Haïti




Une belle initiative de Babelio, en association avec l'ONG Bibliothèques sans frontières :


Envoyer des livres pour les bibliothèques publiques d'Haïti.



Si vous souhaitez participer à cette opération, c'est par ici.

jeudi 4 juin 2009

Le chien des Baskerville


Le chien des Baskerville - Sir Arthur Conan Doyle
Gallimard jeunesse - Collection Chefs d'oeuvre universels - 2002
Illustrations de Nicollet.
Traduction et commentaires de Jean-Pierre Naugrette.


Une fois de plus, la malédiction qui pèse sur la lignée des Baskerville depuis le 18ème siècle a frappé. Depuis que Hugo Baskerville a été égorgé par un molosse d'une taille hors norme, plusieurs membres de la famille sont morts dans des conditions sanglantes et mystérieuses. Cette fois, la victime est Charles Baskerville, retrouvé littéralement mort de peur dans la lande de Dartmoor, près du chateau familial. Près du corps se trouvaient les empreintes d'un chien de chasse gigantesque. Sir Henry Baskerville, dernier héritier du nom, revient d'Amérique et compte sur Sherlock Holmes pour élucider le mystère et lever définitivement la menace.
Voilà donc le célèbre détective embarqué dans une nouvelle énigme. Comme des affaires importantes le retiennent à Londres, il délègue au docteur Watson le soin d'accompagner Sir Henry dans le Devonshire et de lui transmettre régulièrement le compte-rendu de ses observations.

C'est donc principalement par le regard du Dr Watson que nous assistons à cette enquête, que j'ai trouvée très effrayante, par moment ! Les descriptions de la Lande, de ses paysages désolés et de ses pièges cauchemardesques m'ont donné le frisson !

Un exemple (Page 80) :
"C'est le grand bourbier de Grimpen, déclara-t-il. Un faux pas là-dedans et c'est la mort assurée pour l'homme ou l'animal. Pas plus tard qu'hier j'ai vu un des poneys de la lande s'y aventurer. Il n'est jamais ressorti. Pendant un bon moment j'ai aperçu sa tête qui se tortillait au-dessus de la tourbière, avant de finir par se faire engloutir. Même en saison sèche la traversée n'est pas recommandée, mais après ces pluies d'automne l'endroit est comme qui dirait terrifiant. Et pourtant je sais comment m'y repérer pour en atteindre le centre, et en revenir vivant. Mon Dieu, voilà encore l'un de ces malheureux poneys !"

Les différents personnages de cette histoire sont décrits minutieusement, sans indulgence de la part du narrateur, mais sans parti pris d'avance. Ils évoluent dans cette atmosphère glacée et terrifiante, et le lecteur se sent lui-même englué dans les brumes de la lande de Dartmoor. Le dénouement est peu prévisible, mais raconté sans éclat, comme si finalement l'intérêt de l'intrigue reposait davantage sur le déroulement de l'enquête que sur son résultat.

J'ai beaucoup apprécié cette lecture, surtout dans cette collection des chefs d'oeuvre universels, destinée aux jeunes. Les illustrations et les commentaires sont tout à fait pertinents et d'une aide précieuse à la compréhension du contexte historique et géographique. A mon avis, ce roman est destiné à de bons lecteurs pas trop sensibles, car Conan Doyle s'y montre vraiment maître dans l'art de communiquer la peur et l'angoisse !

D'autres avis : Les rats de biblio et Alvynlarquey.