mercredi 6 janvier 2010

Envie de littérature africaine ?

Rendez-vous sur le blog de Typhania, Histoire de lectures, où elle nous propose un nouveau challenge, Safari littéraire, consacré à la littérature sub-saharienne.

Objectif : lire deux livres en 2010, l'un écrit par un auteur africain, l'autre d'un auteur non-africain consacré à l'Afrique.

Pour les détails et pour s'inscrire, c'est ici.


Typhania a préparé une bibliographie, et toutes les propositions pour l'enrichir sont bienvenues.
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dimanche 3 janvier 2010

Deaf sentence

Deaf sentence - David Lodge (2008)
Lu dans l'édition de Penguin Books (2009)
Ce livre a été publié en français chez Rivages en 2008, sous le titre La vie en sourdine.

Desmond Bates souffre d'une baisse progressive de l'audition, ce qui l'a obligé à interrompre sa carrière de professeur de linguistique à l'université. Désormais à la retraite, il doit admettre que sa surdité ne fait que s'accentuer et nuit à ses relations sociales et conjugales. Sa femme Fred, plus jeune que lui, tient une boutique de décoration, qui a beaucoup de succès et sa vie professionnelle est encore en pleine ascension. Elle entretient une vie mondaine, à laquelle Desmond participe à contrecoeur, conscient de l'agacement qu'il provoque chez ses interlocuteurs lorsqu'il les fait répéter, et gêné de ne pas toujours comprendre le sens des conversations.
D'ailleurs, au cours d'un vernissage, il a fait la connaissance d'une jeune fille, dont il n'a pas compris le nom, qui lui a fixé un rendez-vous, ce qui lui a échappé, et a obtenu son accord pour l'aider dans sa thèse, projet dont il n'a pas saisi un traître mot !
Mais Alex, la jeune étudiante, est persévérante et même insistante, et va chercher à entraîner Desmond sur des sentiers minés où il ne veut pas s'aventurer !
Autre souci pour Desmond : son père, un vieil homme qui vit seul près de Londres et refuse d'aller en maison de retraite, alors que la sénilité le menace.

Le roman de David Lodge fait alterner le récit à la troisième personne et des extraits du journal de Desmond, où celui-ci confie ses états d'âme et ses sentiments, face aux situations ridicules ou tragiques dans lesquelles il se retrouve. Ses difficultés à communiquer avec sa femme et ses proches l'isolent de plus en plus et il se sent souvent submergé par leur incompréhension et les quiproquo qui en résultent.
Son dévouement vis à vis de son père est également source d'impressions mitigées : En effet, M. Bates ressent la sollicitude de Desmond comme une intrusion dans sa vie personnelle et se montre souvent désagréable. Desmond a bien conscience de la décrépitude de son père et l'aggravation de sa propre surdité ne peut que lui apparaître comme un signe prémonitoire de son entrée progressive dans la vieillesse.

La mort est également très présente dans ce roman et Desmond se retrouve comme cerné par ses diverses manifestations : D'abord, le sujet de thèse d'Alex porte sur les derniers écrits laissés par des suicidés. En analysant les textes qu'Alex lui soumet, Desmond y trouve quelquefois comme un écho à ses préoccupations face à l'évolution de sa surdité.
Puis, lors d'un séjour en Pologne où il effectue des lectures, Desmond se rend à Auschwitz et la visite des camps constitue une expérience marquante pour lui. Enfin, l'aggravation de l'état de son père, victime d'une attaque, le met en contact rapproché avec la fin de vie.

Finalement, ce livre qui commence comme une farce se termine de façon plus grave, mais permet à Desmond Bates d'évoluer et d'accepter de vieillir en renonçant à paraitre ce qu'il n'est plus !

Je suis une fan des romans de David Lodge et j'ai beaucoup apprécié celui-ci. Plein d'humour, l'auteur n'épargne pas comme d'habitude ses personnages d'universitaires, faibles et lâches. Mais il sait aussi inciter à l'indulgence pour Desmond et ses inquiétudes face à la vieillesse, aussi bien la sienne que celle de son père.

Il faut avouer aussi que j'ai retrouvé certaines situations vécues, en particulier la visite des maisons de retraite et les efforts à déployer pour convaincre un parent réticent ! Et si j'ai encore une bonne audition, la nécessité de porter mes premières lunettes pour lire le soir me rend plus sensible aux démêlés de Desmond avec ses appareils auditifs !

Ils ou elles l'ont lu aussi : Cuné, Kathel, Cathe, Clochette, Calepin, Keisha.


Livre lu dans le cadre du challenge Lire en VO de Bladelor.




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vendredi 1 janvier 2010

Bonjour 2010 !


A vous toutes et tous qui passez par ici, je souhaite

une bonne et heureuse année 2010 !

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jeudi 24 décembre 2009

C'est la saison...


Joyeux Noël à tous !

Source photo Terra Nova
s.

mardi 22 décembre 2009

Du côté de Castle Rock


Du Côte de Castel Rock - Alice Munro
Éditions de l'Olivier - 2009
Traduit de l'anglais par Jacqueline Huet et Jean-Pierre Carasso.


Dans l'avant-propos, Alice Munro explique la genèse de ce livre. Depuis une douzaine d'années, elle s'est intéressée à l'histoire de sa famille, venue d'Écosse et émigrée en partie en Amérique du Nord.
Revenue aux sources, dans la vallée de de l'Ettrick, l'auteur a trouvé de nombreux témoignages écrits, des lettres et des recueils de souvenirs et découvert des traces de ses ancêtres dans les ouvrages des bibliothèques locales. Elle a utilisé tout ce matériel dans une série de nouvelles, écrites au fil du temps mais non publiées jusqu'alors. Ce livre lui a permis de regrouper ces histoires, mêlant réalité et fiction et d'explorer une vie, la sienne, et toutes celles qui l'ont précédée et lui ont permis d'être celle qu'elle est devenue.
La première figure marquante est celle de William Laidlaw, connu sous le nom de Will O'Phaup, déformation du nom de sa ferme Far-Hope. Simple berger, il a marqué l'histoire locale de la vallée d'Ettrick pour avoir rencontré des fées, un soir qu'il regagnait son foyer après avoir rentré ses moutons !

C'est ensuite un de ses petits-fils, James, qui en 1818 émigre au Canada, emmenant avec lui deux fils, une fille, sa belle-fille et son petit-fils. La longue traversée de l'Atlantique constitue la première épreuve de leur exil, l'occasion déjà de découvrir un autre monde, grâce aux rencontres qu'ils font sur le bateau. James est ainsi à l'origine de cette branche familiale de nouveaux américains, que le lecteur suit, génération après génération, jusqu'au père d'Alice puis Alice elle-même, de l'enfance à l'époque actuelle.

A travers la multitude d'anecdotes et de petites histoires qui constituent ce roman, c'est la vie qui est racontée, la vie toute simple qui passe avec les années, les souvenirs qui restent ou qui s'envolent.

Un extrait où bizarrement, j'ai retrouvé une question existentielle familière :
Les moutons se pressent autour de moi. [...] Je leur donne de l'avoine dans la longue mangeoire.

Autour de moi, des gens disent que ce genre d'ouvrage permet de se ressourcer et possède une dignité propre, mais le connaissant depuis ma naissance, j'en ai un sentiment différent. Le temps et le lieu risquent de me rattraper pour m'enfermer, je risque d'avoir trop facilement l'impression de n'être jamais partie, d'être restée ici ma vie entière, comme si ma vie d'adulte était une espèce de rêve qui ne s'est jamais emparé de moi. (p. 308)

Au final, une lecture agréable, mais qui m'a laissée pensive et mélancolique !

Ce livre m'a été offert gracieusement par le site Alapage, où vous pouvez découvrir les autres ouvrages d'Alice Munro, que je ne connaissais pas avant cette lecture.

D'autres avis : celui de Papillon et un article de l'Express, ainsi qu'une présentation très intéressante des canadiennes de la rentrée littéraire sur Bibliobs.
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samedi 12 décembre 2009

Persuasion

Persuasion - Jane Austen
Publié en 1818 (oeuvre posthume).

A l'âge de dix-neuf ans, Anne Elliot s'est fiancée à Frederick Wentworth, un jeune officier de marine, mais elle a renoncé à cet engagement, persuadée par son entourage du risque d'épouser un homme sans fortune et sans relations. Les années ont passé, Anne a perdu sa fraîcheur et se dirige à vingt-sept ans vers l'état de vieille fille de façon certaine, mal aimée par son père et ses soeurs. Elle a eu tout le temps de regretter sa décision, d'autant que la situation de Frederick Wentworth a bien changé : Sa bravoure et ses succès aux combats lui ont apporté la prospérité et la fortune.
Alors que Anne séjourne chez Mary, sa soeur cadette mariée à Charles Musgrove, le hasard la remet en présence du Capitaine Wentworth, qui n' a rien oublié et lui garde une rancune certaine, même s'il se montre très distant. De nombreuses rencontres en société vont leur donner de multiples occasions de se redécouvrir l'un l'autre.

J'ai beaucoup apprécié ce roman de Jane Austen, moins flamboyant que Orgueil et Préjugés qui m'avait emballée, mais très subtil dans la description des caractères de Anne et de Frederick, dans l'évolution de leur relation.
J'ai trouvé beaucoup d'humanité dans ces deux personnages, leurs faiblesses les rendent sympathiques et donnent envie de les voir revenir l'un vers l'autre. Anne est très émouvante, à la fois résignée à sa situation de vieille fille mais aimant toujours Frederick Wentworth. Sa lucidité la rend capable de s'opposer aux manigances de son père et de sa soeur ainée. Elle est aussi très clairvoyante et ne se laisse pas embobiner par les manières de son cousin, William Elliot, jeune homme charmant en apparence, qui souhaite l'épouser.
Le Capitaine Wentworth, peu sympathique au début, séduit au fil du roman par sa sobriété et son authenticité. Décidé à se marier, maintenant que la guerre est terminée, il participe avec plaisir aux soirées et aux promenades des jeunes filles Musgrove, apparemment charmé par l'une d'elles. En réalité, les retrouvailles avec Anne ont réveillé ses sentiments, même s'il lui faut du temps pour le reconnaitre. Mais il fait preuve de ténacité et d'audace pour exprimer son amour à Anne lorsqu'il craint qu'elle se laisse de nouveau influencer par sa famille.

Au delà de l'histoire d'amour, ce roman est aussi une peinture critique d'une certaine société anglaise, où la seule issue raisonnable pour une jeune fille est un beau mariage. Anne est devenue une charge pour son père et sa soeur ainée, qui ne lui accordent aucune considération et ne la consultent en rien, alors qu'elle est très lucide sur les défauts de son père et son incapacité à gérer ses finances. Par contraste, l'affection qu'elle trouve auprès de la famille Musgrove la place en confiance et la revalorise. Mr et Mrs Musgrove sont d'ailleurs beaucoup plus soucieux du bonheur de leurs filles que de la recherche d'un riche parti. Ils apportent une note d'optimisme qui fait du bien, autant à l'héroïne qu'au lecteur !

J'ai lu ce livre en anglais et y ai trouvé moins de difficultés que ce que je craignais. J'ai découvert la langue du début du XIXème siècle et ai été surprise bien sûr par certaines tournures, moi qui n'ai aucune connaissance particulière de la littérature anglaise. J'ai passé un très bon moment et je compte bien poursuivre mon parcours dans l'oeuvre de Jane Austen !



Livre lu dans le cadre du challenge Lire en VO de Bladelor.




Les avis de Karine, de Lilly et de Cachou.

A lire sur le Web, ici en anglais et là en français.
Et je n'ai bien sûr pas pu résister aux adaptations en vidéo : Celle de 1995 et celle de 2007, en VO non sous-titrée (Je n'ai pas trouvé de version avec sous-titres).
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vendredi 4 décembre 2009

Le retour du Lotobook


Stéphanie lance une nouvelle édition du Lotobook !

Pour vous inscrire, c'est ici avant le 4 janvier 2010 !

Moi, c'est déjà fait !

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