
vendredi 7 août 2009
mercredi 5 août 2009
Best Love Rosie
Best Love Rosie - Nuala O'FaolainSabine Wespieser éditeur (2008)
Traduit de l'anglais par Judith Roze.
Rosie, la cinquantaine bien entamée, revient à Dublin, sa ville natale, après une carrière professionnelle qui l'a menée dans le monde entier. Elle y retrouve Min, sa tante qui l'a élevée à la mort de sa mère. Min, septuagénaire dépressive, mène une vie morne et sans surprise et a tendance à forcer sur l'alcool. Pour essayer de lui redonner goût à la vie, Rosie commence à s'intéresser aux livres de développement personnel et projette d'en écrire un à son tour. Elle renoue avec Markey, un ami d'enfance qui s'est installé aux États-Unis et qui a des relations dans le milieu de l'édition. Lors d'un voyage à New-York, elle a la surprise d'y être rejointe par Min, qui s'installe, trouve un travail et des amies et refuse même de rentrer en Irlande.
C'est donc au tour de Rosie de se retrouver seule à Dublin, et d'attendre des nouvelles de sa tante. Un beau jour, elle reçoit une lettre de l'armée, destinée à Min, annonçant que la maison d'enfance de Min et de la mère de Rosie vient de leur être restituée, après des années de réquisition militaire. Rosie, fascinée par la maison et la sauvagerie des lieux, va entreprendre de la restaurer et y découvrir une nouvelle raison de vivre.
Cette histoire, c'est une parenthèse dans la vie de Rosie, parvenue à la cinquantaine, après de multiples expériences professionnelles et amoureuses. C'est une pause, bienvenue d'abord, qui lui donne l'occasion de faire le bilan de son existence, de sa situation de femme seule et indépendante, à l'aube de la vieillesse qu'elle sent approcher et à laquelle elle n'est pas encore prête à se résigner. Confrontée à sa tante et à ses amies d'enfance qui sont restées à Dublin, elle lutte d'abord contre elle-même pour ne pas sombrer dans le renoncement.
La découverte de la maison de Min, à Stoneytown, la replonge dans son enfance, quand elle vivait avec Min et son père dans une pauvre cabane, en bord de mer. Et c'est dans ses souvenirs d'enfance et ce dénuement que Rosie va puiser pour retrouver un nouvel élan de vie.
J'ai vraiment aimé ce livre de Nuala O'Faolain, que j'ai découverte à cette occasion. J'ai apprécié les petits articles que prépare Rosie, pour son futur livre, qui sont plein de bon sens, d'humour et de la volonté de voir les choses en face. Les séjours de Rosie dans la maison de Stoneytown sont racontés avec beaucoup de passion et d'émotion et l'auteur sait y insufler son amour pour son pays.
En résumé, de très beaux portraits de femmes, car Min et les amies de Rosie ont une part non négligeable dans ce roman.
Des avis enthousiastes chez Cuné, les rats de biblio, Malice, Kathel, Keisha et d'autres moins, chez Manu, Brize et Bellesahi.
A consulter : La fiche du livre chez l'éditeur.
mardi 28 juillet 2009
Un été d'écrivains avec Philippe Claudel
Ce soir sur France-Inter, à partir de 20h10, Brigitte Kernel recevait Philippe Claudel dans son émission "Un été d'écrivains".
Ensemble, ils évoquent les livres de Philippe Claudel, son film "Il y a longtemps que je t'aime", celui d'Yves Angelo, "Les Âmes grises".
Il y aussi ce projet interrompu, l'adaptation de "La petite fille de M. Linh", mais que Philippe Claudel ne regrette pas. Pour lui, un bon livre ne deviendra pas forcément un bon film.
A réécouter pendant sept jours, ici, afin de ne pas manquer sa lecture à voix haute du début de "La petite fille de M. Linh", livre dont je garde un magnifique souvenir.
Ensemble, ils évoquent les livres de Philippe Claudel, son film "Il y a longtemps que je t'aime", celui d'Yves Angelo, "Les Âmes grises".
Il y aussi ce projet interrompu, l'adaptation de "La petite fille de M. Linh", mais que Philippe Claudel ne regrette pas. Pour lui, un bon livre ne deviendra pas forcément un bon film.
A réécouter pendant sept jours, ici, afin de ne pas manquer sa lecture à voix haute du début de "La petite fille de M. Linh", livre dont je garde un magnifique souvenir.
mardi 21 juillet 2009
Mille femmes blanches
Mille femmes blanches - Jim FergusLe cherche midi éditeur (2000)
Traduction de l'anglais par Jean-Luc Piningre
Sous-titré "Les carnets de May Dodd", ce roman s'appuie sur un fait réel.
En 1875, un chef de la tribu des cheyennes proposa au président Grand d'échanger 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux, afin de faciliter l'intégration de ses guerriers dans le monde de l'Homme Blanc.
Dans ces carnets, May Dodd, l'une des femmes volontaires pour ce curieux échange, relate les évènements qui l'ont amenée dans cette aventure. Rejetée par sa famille, en raison d'un comportement en dehors des normes de l'époque, May a été enfermée dans un asile psychiatrique et séparée de ces deux enfants, nés hors mariage. Accepter de participer à cette expérience est le seul moyen pour elle de sortir de cette prison et d'espérer revoir ses enfants, une fois qu'elle aura donné naissance à un enfant cheyenne.
Nous la suivons dans sa découverte de la vie indienne, au grand air, en compagnie d'autres femmes blanches, où se retrouvent les archétypes de la société de l'époque : vieilles filles aigries ou pleines d'espoir, prostituées, femmes hors normes, malades mentales ou délinquantes, missionnaires prêtes à convertir de nouveaux adeptes.
Cette histoire est magnifique, racontée par une femme à l'esprit ouvert, qui sait s'adapter aux situations nouvelles, sans préjugés. C'est aussi une femme de passion, qui assume ses choix et ses responsabilités.
La lecture de ce roman fort apporte un contraste à beaucoup de films qui présentent les Indiens d'Amérique uniquement comme des guerriers sanguinaires et sauvages. Certes, il y en eut mais la conquête de l'Ouest, nous le savons déjà, a fourni aux hommes blancs de tristes occasions d'exercer leur cruauté et leur pouvoir pour exterminer les tribus indigènes.
J'ai beaucoup aimé ce livre et l'ai lu en quelques jours, ce qui est rare pour moi. Je ne peux que le recommander, si vous avez soif d'aventures et de dépaysement !
Des avis enthousiastes parmi les rats de biblio, celui d'Élodie.
Cette lecture entre dans le cadre de mon challenge Blog-o-trésors, proposé par Grominou.
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samedi 18 juillet 2009
Une tombe accueillante
Une tombe accueillante - Michael KorytaÉditions du Seuil - Collection Policiers n°200 - Mai 2009
Traduction de l'anglais (US) par Mireille Vignol.
Lincoln Perry s'est fait virer de la police, après avoir tabassé l'avocat Alex Jefferson, qui lui a piqué sa fiancée, Karen et l'a épousée. Depuis, Lincoln dirige son agence de détectives, aidé de son ami Joe, momentanément hors-course pour cause de blessure.
Lorsque le corps d'Alex Jefferson est retrouvé, salement abimé, Lincoln est suspecté par l'inspecteur Tarent, chargé de l'enquête mais a un alibi.
Karen, la veuve, lui demande de retrouver le fils d'Alex, Matthew, brouillé avec son père depuis des années et dont elle est sans nouvelles. Lincoln, qui ne peut rien lui refuser, se lance à la recherche de Matthew, qui se retrouve, sans le savoir, héritier d'une fortune considérable. Sa quête n'est pas bien longue ni bien compliquée. Mais les retrouvailles ne se passent pas comme prévu. Et la situation se complique pour lui !
Je lis assez peu de romans policiers. Aussi, lorsque Suzanne, de chezlesFilles.com, m'a proposé ce titre, j'ai profité de l'occasion. Et je ne regrette pas cette découverte.
Ce qui semble au départ une enquête banale va se transformer petit à petit en un cauchemar pour Lincoln, qui se retrouve assez vite dans la peau de suspect, piégé par une accumulation d'indices qui le désignent comme un parfait coupable. Pour se sortir de la situation, Lincoln va devoir réactiver certains contacts qui ne sont pas sans danger pour lui.
J'ai bien aimé ce livre qui prend son temps et s'attache à la description des personnages, parfois au détriment du rythme de l'enquête. Le lecteur accompagne le détective dans sa découverte de cette affaire de plus en plus plus sombre et partage sa peur et sa solitude face à des manigances qu'il découvre peu à peu. Et j'ai bien envie de retrouver Lincoln Perry dans "Et que justice soit faite", paru en 2008 dans la même collection et disponible également en poche chez Points Seuil.
Merci à ChezLesFilles.comet aux éditions du Seuil
pour cette offre.
D'autres avis chez Kenza, Saphoo, Hannibal, Wictoria, Keisha, et pour finir, celui de la "moitié" d'Armande, qui vaut le détour.
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lundi 6 juillet 2009
Le monde selon Monsanto
Le monde selon Monsanto - Marie-Monique RobinNouvelle édition parue en Mars 2009 en version poche. Éditions La Découverte / Arte éditions.
Préface de Nicolas Hulot. Postface inédite de l'auteur.
Le sous-titre de cet ouvrage résume parfaitement son contenu : "De la dioxine aux OGM, une multinationale qui vous veut du bien".
Marie-Monique Robin s'intéresse dans ce document à la société Monsanto, multinationale basée à Saint-Louis, Missouri et implantée dans quarante-six pays. Connue actuellement pour sa position dominante dans la commercialisation de semences transgéniques, Monsanto est présente dans l'industrie chimique depuis sa création en 1901 et s'est "illustrée" dans la production de nombreuses substances controversées : les PCB, la dioxine, l'hormone de croissance bovine puis un herbicide bien connu qui détruit tout sur son passage sauf les espèces transgéniques conçues pour y résister. L'auteur dénonce les méthodes utilisées par l'entreprise pour imposer ses produits, bâcler les études d'impact, masquer les mauvais résultats ou les falsifier.
A propos des OGM, elle met en évidence la stratégie de Monsanto pour prendre le contrôle de l'agriculture mondiale, sous couvert de "nourrir l'humanité".
Si je devais utiliser un seul adjectif pour qualifier mon impression suite à cette lecture qui m'a passionnée, ce serait : terrifiant !
Et pourtant, mon parcours professionnel m'incitait plutôt à une certaine indulgence pour ce secteur d'activité, puisque j'ai travaillé plusieurs années chez un des leaders de l'industrie phytosanitaire. Là aussi j'ai été arrosée par ces discours utopiques sur la perspective de donner à manger à la planète entière et surtout aux plus démunis, sans en être dupe : comment les pays pauvres pourraient-ils se payer ces produits conçus pour les riches et pour une agriculture intensive.
En ce qui concerne les OGM, les présentations auxquelles j'avais assistées dans cette entreprise, également impliquée, m'avaient donné une tout autre impression que celle laissée par le livre de Marie-Monique Robin. Il faut dire que les années ont passé et que les rendements promis n'ont pas été atteints, des effets secondaires se sont produits, des résistances sont apparues.
Il m'est impossible de résumer ce livre, si dense et si démonstratif. Mais je ne peux que recommander sa lecture car il met en évidence des pratiques que je n'imaginais pas et permet de mieux comprendre la violence de la contre-réaction, parfois.

J'ai reçu ce livre dans le cadre de l'opération Masse critique de Babélio. Merci à eux et aux éditions Arte/La Découverte.Un seul bémol à cette lecture, qui m' a ralentie dans ma progression : c'est la taille de la police d'imprimerie de cette nouvelle édition de poche, trop petite à mon gré ! Ce défaut n'existe peut-être pas dans l'édition initiale.
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mercredi 17 juin 2009
Les quatre vérités
Les quatre vérités - David LodgeNovella parue en 2000 aux éditions Payot & Rivages
Traduction de l'anglais de Suzanne V. Mayoux
Édition de poche en 2002.
Adrian Ludlow, romancier qui a connu son heure de gloire quelques années auparavant, s'est "réfugié" à la campagne, dans le Sussex, en compagnie de sa femme Éleanor. À l'abri du tapage médiatique et des critiques redoutées, il savoure sa tranquillité. Il ne publie plus que des anthologies. Un beau dimanche d'août 1997, il reçoit la visite de Sam Sharp, un vieil ami depuis leurs années communes à l'université, et qui a cédé, lui, à l'attrait de la célébrité, en devenant scénariste de téléfilms sur la côte ouest des États-Unis. Sam est furieux de la parution d'une interview dans le Sentinel Review, journal du dimanche. La jeune journaliste, Fanny Tarrant, à qui il s'était imprudemment confié, a exploité sa confiance et l'a ridiculisé dans son article. En signe de vengeance, Adrian et Sam renouent avec leur complicité d'antan et décident de tendre un piège à la jeune femme : Adrian accepte de rompre le silence médiatique qu'il s'est imposé et propose d'accorder une interview à la jeune journaliste, sûr d'être en mesure de résister à sa langue de vipère et à ses commérages. Il essayera de lui soutirer quelques propos personnels pour en tirer matière à un article vengeur qu'il compte publier dans le Chronicle.
Évidemment, la réalité va être bien différente de ce qui était prévu ! Au cours de l'interview, Adrian se laisse entraîner à des confidences concernant sa femme. Éleanor, ulcérée, va à son tour dévoiler à Fanny des aspects du caractère d'Adrian qu'il avait réussi à masquer.
Le dernier chapitre nous fait partager l'angoisse d' Adrian et d'Éleanor, en ce dernier dimanche d'août 1997, attendant l'arrivée des journaux. Tellement obnubilés par le contenu du fameux article de Fanny, ils n'ont ni écouté la radio, ni regardé la télévision et ne se doutent pas qu'un drame d'une autre portée va monopoliser l'attention internationale.
J'ai bien aimé ce court roman de David Lodge, une "novella" qu'il a tirée d'une de ses pièces. Comme d'habitude chez cet auteur, le ton est ironique et mordant, sans complaisance pour ces intellectuels qui se regardent le nombril, bien protégés des vicissitudes du commun des mortels ! Au cours des différents échanges verbaux entre les personnages, ils apparaissent tour à tour sympathiques puis antipathiques, selon qu'ils sont véritablement sincères ou bien soucieux de composer une attitude. Adrian, pourtant rétif à la médiatisation, ne peut résister à sa vanité, face à la journaliste qui lui porte une certaine admiration, réelle ou inventée. Éleanor, femme frustrée, qui a tout abandonné pour protéger son mari, laisse exploser sa rancœur. Et Sam, qui apparait au début comme la pauvre victime d'une arriviste aux dents longues, ne méritait peut-être pas mieux !
A noter la postface très intéressante de David Lodge lui-même, qui explique les raisons pour lesquelles il a transcrit sa pièce en "novella".
L'avis de Lilly et d'autres chez Zazieweb.
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