jeudi 3 juillet 2008
Quelques jours de vacances...
Je m'absente pour une dizaine de jours.
J'espère avoir plus de temps à consacrer à mes billets sur mes lectures à mon retour.
A bientôt !
jeudi 19 juin 2008
Les constellations du hasard
Les constellations du hasard – Valérie Boronard.
Publié en 2008 chez Belfond.
Luc, un jeune français de vingt ans, a écrit un roman et rêve de le soumettre à Paul Auster, son maître en écriture, dont il a lu tous les livres. Il débarque à New York avec la ferme intention de le rencontrer et pourquoi pas, de lier une relation amicale avec lui.
Il trouve à se loger chez un vieil homme aveugle, qui vit seul dans un appartement, et commence à se promener dans les lieux décrits par Auster, en espérant le rencontrer au coin d’une rue. Ce qui ne manque pas d’arriver, d’ailleurs, puisqu’il croit apercevoir Paul Auster faisant son jogging.
Hélas, le rêve se transforme en cauchemar, car Luc se fait voler sa sacoche, qui contenait son manuscrit, son billet de retour, son argent. Après une nuit d’errance dans New York, affamé, il retourne à l’appartement et se confie à son logeur. Celui-ci accepte de l’aider et en contrepartie, lui demande de retranscrire des textes. C’est ainsi que Luc va découvrir la vie et l’oeuvre poétique de Alejandro Asturias, son hôte, en tapant à la machine, des heures durant, les poèmes qu’il lui dicte. Il va également apprendre à nager, grâce aux leçons du vieil homme, qui lui impose une séance de baignage quotidienne, à l’aube, car d’après lui, un écrivain doit savoir nager !
Au début de cette relation imposée, Luc va vivre les contraintes que lui impose son hôte comme une corvée, un fardeau. D’autant plus qu’il essaye de réécrire son livre perdu et que les instants qu’il peut y consacrer sont limités. Puis, impressionné par l’oeuvre du poète et par la personnalité de l’homme, il va tenter de les faire connaitre en organisant une lecture publique à laquelle il espère la participation de Paul Auster.
J’ai bien aimé ce premier livre de Valérie Boronard, qui confronte trois vies d’écrivains, fictifs ou réels, à des stades différents de leur carrière. Cette histoire est bien sûre très imprégnée de l’univers de Paul Auster, mais je pense qu’on peut apprécier ce livre même si on connait peu cet auteur. En revanche, j’ai trouvé que la fin était un peu baclée, comme si l’auteur avait été gagnée par la fébrilité de son personnage, face à l’approche de la fin de son séjour à New-York.
Les premières pages, sur le site de l'éditeur.
Les avis de Camille, Florinette et Clarabel.
mercredi 11 juin 2008
Moutarde douce
Moutarde douce – Stéphanie HochetPublié chez Robert Laffont en 2001.
Marc Schwerin est un jeune auteur à succès qui collectionne les lettres de ses admirateurs et surtout de ses admiratrices. Il entretient, avec certaines, des relations épistolaires suivies, puis directes, qui flattent son égo mais qui vont finir par lui peser car deux parmi ses nombreuses interlocutrices deviennent très exigeantes et très intrusives dans sa vie.
Pris à son propre jeu, il va tenter par différents manoeuvres de se libérer des liens qu’il a créés avec ces deux femmes, Sonia et Odette, car la situation devient cauchemardesque.
Dans ce livre satirique, chacun vit dans ses illusions, ne regarde et n’écoute pas l’autre. Il y a beaucoup de perversité dans les relations qu’établit Marc avec ses lectrices. Il se retrouve comme englué dans une toile d’araignée qu’auraient tissée Sonia et Odette. Par moment, on le plaint mais au fil de la lecture, on se rend compte qu’il est très dépendant de ces relations. A plusieurs reprises, il a la possibilité de rompre définitivement le lien avec Sonia, par exemple, mais au dernier moment, il ne peut s’empêcher de relancer la relation..
C’est le premier livre de Stéphanie Hochet, qu’elle a écrit à vingt-six ans. Elle y prouve déjà son grand talent dans l’observation des rapports humains.
L’avis de Florinette et son billet très intéressant sur l’auteur.
lundi 2 juin 2008
Le Dieu des cauchemars
Le Dieu des cauchemars – Paula Fox
Editions Joëlle Losfeld – 2004
Traduit de l’anglais par Marie-Hélène Dumas. Préface de Rosellen Brown.
« Au début du printemps 1941, treize ans après nous avoir quittées, ma mère et moi, mon père, Lincoln Bynum, est mort loin de nous dans un village côtier au nord de la Californie. Devant la stupéfaction qui l’a frappée à cette nouvelle, j’ai compris pour la première fois que, pendant toutes ces années, ma mère avait cru qu’il finirait par revenir. »
En 1941, Helen Bynum vit avec sa mère à Poughkeepsie, un bourgade dans l’est des Etats-Unis. L’annonce de la mort du père est un choc pour la mère d’Helen mais, en même temps, une libération pour Helen. En effet, sa mère qui la gardait près d’elle comme si sa présence était un gage du retour du père, va l’encourager à partir de la maison, en lui donnant pour mission d’aller à la Nouvelle-Orléans, afin de retrouver Lulu, sa soeur et de la ramener à Poughkeepsie. Avant son mariage, la mère d’Helen et Lulu étaient danseuses des Ziegfried Folies. Après une carrière d’actrice de théâtre, puis un mariage éphémère avec un chirurgien célèbre, Lulu vit toujours à La Nouvelle Orléans, et n’a pas cherché à maintenir la relation avec sa soeur.
Helen, qui pressent qu’elle ne sera pas la bienvenue chez sa tante, préfère assurer sa situation avant de se mettre à sa recherche. Elle loue une chambre chez un couple chaleureux, Catherine et Gérald, un poète, et trouve un travail dans un magasin de vêtements.
Ce séjour à la Nouvelle-Orléans est l’occasion pour Helen de s’ouvrir au monde. Jusqu’à l’âge de vingt-trois ans, elle a vécu dans un univers clos, dans une relation étouffante avec sa mère. A travers ses rencontres, elle va découvrir la ségrégation, l’anti-sémitisme, l’anti-communisme, l’homophobie. Elle va percevoir les échos de la guerre qui se déroule en Europe et qui va impliquer plus tard ses proches. Elle va rencontrer également l’amitié en la personne de Nina Weir, une jeune fille de son âge, mais qui contrairement à Helen, a déjà été confrontée aux duretés de la vie.
La lecture de ce livre m’a rappelée celle de Côte Ouest, également de Paula Fox. Dans les deux cas, il s’agit de l’histoire d’une jeune fille, plongée seule dans un milieu nouveau, et qui va évoluer au fil de ses rencontres.
Mais autant, dans Côte Ouest, l’atmosphère était lourde, nauséeuse, engluée dans la misère, ici tout est décrit au travers de l’oeil innocent d’Helen, qui découvre sans à priori ce qu’elle n’imaginait même pas. Sans doute le fait que l’histoire se déroule à La Nouvelle-Orléans est-il aussi pour une part de cette atmosphère : l’indolence du Sud, la moiteur du climat, une certaine nonchalance des habitants.
Cette lecture me confirme que Paula Fox est bien un auteur à découvrir.
Le premier chapitre à télécharger.
mercredi 28 mai 2008
mardi 20 mai 2008
Avec vue sur l'Arno
Avec vue sur l'Arno - E. M. ForsterPublié en 1986 chez Christian Bourgois éditeur.
Traduit de l'anglais par Charles Mauron.
Lucy Honeychurch, une jeune anglaise de la bonne société anglaise du début du XXème siècle, visite l'Italie en compagnie de sa cousine Charlotte, une vieille fille qui lui sert de chaperon. A Florence, logées à la pension de la Signora Bertolini, elles sont dans un premier temps très déçues car leurs chambres donnent sur cour et non sur l'Arno, comme elles le souhaitaient. M. Emerson et son fils, deux anglais peu fréquentables selon Charlotte, leur proposent aimablement d'échanger leurs chambres, ce qui choque profondément Charlotte mais qu'elle finira par accepter, sur l'insistance de Lucy. Ce séjour à Florence aura sur l'existence de Lucy des conséquences qu'elle n'imaginait sans doute pas.
La rediffusion récente de "Chambre avec vue" de James Ivory sur Arte m'a donné envie de me plonger dans le livre d'Edward Morgan Forster, dont est issu le scénario.
A l'issue de ma lecture, je dois dire que le film est très fidèle au roman. J'ai retrouvé avec plaisir les doutes de Lucy Honeychurch, partagée entre son envie de "ruer dans les brancards" et le respect des traditions rigides de l'époque. Confrontée au comportement hors norme de George Emerson, le jeune homme qu'elle rencontre à Florence, elle devra lutter contre elle-même pour accepter d'écouter enfin ses sentiments et de ne pas suivre la route tracée d'avance pour elle.
Les avis de Lilly, Papillon, Allie et InColdBlog qui évoque aussi trois autres romans de l'auteur.
mercredi 14 mai 2008
Trafic de haut vol
Trafic de haut vol – Kerry GreenwoodEditions 10-18 (Mai 2006), collection Grands détectives.
Traduit de l'anglais par Pascale Haas.
Phryne Fisher est une jeune détective privée, qui vit à Melbourne dans les années 1920. Elle s'est fait connaître de la bonne société locale en démontant une affaire de cocaïne (dans le premier tome de la série, Cocaïne et Tralala). Elle ne craint pas de défrayer la chronique en se livrant à des voltiges aériennes, c'est un as du pilotage. Sur terre, elle conduit une Hipano-Suiza avec brio.
Dans ce deuxième volume, elle est confrontée à deux nouvelles affaires.
Elle reçoit la visite de Mrs McNaughton, qui la supplie de parler à son fils Bill, car elle craint qu'il ne tente de tuer son mari, William, homme violent, avec lequel il a de fréquentes altercations. Phryne s'acquitte de sa mission sans difficultés car Bill n'a pas l'intention d'en arriver là. Mais peu de temps après, William McNaughton est retrouvé mort dans son jardin et la police arrête Bill, le principal suspect. Phryne, qui doute de sa culpabilité, va redoubler d'efforts afin de convaincre la police de son erreur et lui apporter la clé de l'énigme sur un plateau..
L'autre affaire que Phryne va traiter d'une main de maître est liée à l'enlèvement d'une petite fille Candida, dont le père, Henry Maldon, a gagné récemment dix mille livres à la loterie. Phryne s'implique à fond dans la course-poursuite des ravisseurs, en mobilisant tous les moyens terrestres et aériens nécessaires afin de récupérer l'enfant et la rançon.
C'est le premier livre de cette série que je lis. C'est léger, enlevé, distrayant. Phryne Fisher est pleine d'audace et de ressources. Elle n'hésite pas à user de son charme quand ça peut aider le déroulement de ses enquêtes.
Bref, un moment de lecture très plaisant !
D'autres avis : Clarabel , Julien.
