lundi 29 juin 2026

Les preuves de mon innocence


Les preuves de mon innocence – Jonathan Coe 

Gallimard (2025) 
Traduit de l’anglais par Marguerite Capelle
 

Septembre 2022 dans la campagne anglaise
Christopher Swann, un blogueur de gauche remarqué s’arrête quelques jours chez Andrew et Joanna, en 
chemin vers un manoir des Cotswolds pour assister à une conférence organisée par un Think Tank d’extrême-droite, consacrée à l’avenir du mouvement conservateur
Lui et Joanna se connaissent depuis leurs années étudiantes à Cambridge, plus de quarante ans auparavant. Christopher sait que la conférence va lui donner l'occasion de retrouver d’anciens condisciples de l'université avec lesquels il était déjà en désaccord à l’époque. Il espère en apprendre un peu plus sur les projets de la droite concernant le système de santé, tandis que Liz Truss vient d’être nommée Première ministre. 
La formation du gouvernement est cause de perturbations dans l’agenda de la conférence puisqu’un des orateurs prévus est nommé Chancelier de l’Échiquier et doit être remplacé au pied levé par un universitaire venu d’Italie. Le décès de la Reine va également bouleverser le planning et les esprits. Et Christopher, qui avait raconté à ses amis qu’il se sentait menacé va être retrouvé mort dans sa chambre, lardé de multiples coups portés avec un couteau de cuisine japonais. C’est l’inspectrice Prudence Freeborne qui est chargée de l’enquête, réquisitionnée d’urgence alors qu’elle se rendait à son pot de départ à la retraite. Une femme portée sur la bonne chère et sur la bouteille mais qui a à cœur de faire du bon travail.
N’oublions pas Phyl, la fille d’Andrew et Joanna, qui travaille à Heathrow dans un restaurant japonais dans le cadre d’un contrat zéro heure, en attendant de trouver un job sérieux en rapport avec ses études, à moins qu’elle ne se lance dans l’écriture d’un roman policier, Cozy Crime ou Dark Academia, elle n’est pas encore fixée sur le style. Il y a aussi Rashida, la fille adoptive de Christopher, qui vient d’arriver des États-Unis et passe quelques jours chez Andrew et Joanna, pendant la durée de la conférence. Le projet de Phyl lui plait, elle la soutient et lui suggère un autre genre, l’autofiction.


Ce roman est une espèce de thriller politique complètement installé dans l’actualité de ce mois de septembre 2022 et aussi une expérience de littérature puisque Jonathan Coe raconte son histoire successivement sous les trois formes envisagées par les jeunes filles. Il y a aussi de nombreux flashbacks puisque le nœud de l’intrigue se situe dans des évènements passés, notamment sous le gouvernement de Margaret Thatcher. On s’y perd un peu et j’ai dû reprendre ma lecture du début pour vraiment comprendre les tenants et aboutissants. C’est aussi une vraie réflexion sur l’histoire politique récente de la Grande-Bretagne, sur l’évolution du parti conservateur et la menace de la droitisation. Il est aussi question de la notoriété des écrivains, de la postérité, le tout enrobé d'humour anglais. Le jeu en vaut donc la chandelle et j’ai été enchantée par ma lecture..
 

De Jonathan Coe, j’ai déjà lu Bienvenue au club, que je n’avais pas apprécié, et plus récemment, Le Royaume désuni, qui m’avait plu mais que je n’ai pas pris la peine d’évoquer sur ce blog. J'avais lu précédemment Désaccords imparfaits, un recueil de nouvelles, et Expo 58, une parodie de roman d'espionnage. Je lis partout que son chef-d’œuvre est Testament à l’anglaise, il faudra que je le découvre.

D'autres détails et avis sur ce livre chez Bibliosurf qui propose des extraits à ne pas manquer et sur Radio-France où les opinions sont partagées.
 

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