lundi 28 janvier 2008

Je ne connais pas ma force

Je ne connais pas ma force Stéphanie Hochet

Editions Fayard – Août 2007.

Karl Vogel a quinze ans. Il est hospitalisé pour une tumeur au cerveau. Fragilisé dans son corps, il est fasciné par les athlètes, en particulier ceux du IIIème Reich filmés par Leni Riefenstahl. En pleine révolte adolescente contre ses parents et sa vie en général, il décide de "devenir le Führer de son corps" et applique les théories du nazisme à la lutte contre sa maladie et dans ses relations avec ses proches et ses compagnons d'infortune à l'hôpital.


Le sujet de ce livre de Stéphanie Hochet est difficile : le cancer, l'hôpital, l'adhésion d'un jeune à des théories extrémistes. Le narrateur est Karl, il décrit sa vie et le cheminement de sa pensée dans un style froid et précis. Il est sans complaisance sur lui-même et les autres.

Mais il ne faut pas oublier que ce garçon n'a que quinze ans et qu'à cet âge-là, les comportements peuvent basculer d'un jour à l'autre, d'un excès à l'autre. Guéri, Karl va retrouver le goût de la vie à l'occasion d'une farce cruelle et irresponsable, qui le replace dans l'enfance.

Papillon a aimé et a chroniqué d'autres romans de l'auteur ici et .

A voir : une vidéo de Stéphanie Hochet au sujet de ce livre sur le site de l'éditeur.

En résumé, une écriture maitrisée, qui donne envie de découvrir les autres romans.

jeudi 24 janvier 2008

C'était Ambroise Vollard

C'était Ambroise VollardJean-Paul Morel

Editions Fayard – Mai 2007


Il s'agit d'un essai très documenté sur la vie et l'œuvre d'Ambroise Vollard, marchand de tableaux, éditeur d'art, écrivain, collectionneur.

Né à La Réunion en 1866, Ambroise Vollard a quitté son île en 1885, afin de venir faire ses études de droits à Montpellier, puis à Paris. A cours de ressources, il a commencé à s'intéresser à l'art moderne et à acheter et revendre des œuvres des artistes de son époque: Paul Gauguin, Paul Cézanne, Auguste Renoir, Henri Matisse, Edouard Vuillard, Pierre Bonnard et beaucoup d'autres.

C'est lui qui organisa la première exposition de Picasso en 1901.

Plus tard, il va également éditer des ouvrages d'arts, en associant des auteurs et des illustrateurs prestigieux : Par exemple, Balzac et Picasso, pour "Le chef d'oeuvre inconnu", Verlaine et Bonnard pour "Parallèlement", Baudelaire et Emile Bernard pour "Les fleurs du mal", Gogol et Marc Chagall pour "Les âmes mortes".

Passionné par le Ubu d'Alfred Jarry, il écrivit également plusieurs romans et pièces satiriques autour de ce personnage.

Tout au long de sa vie, puis par la suite à travers son testament, Vollard a donné de très nombreuses œuvres au Petit-Palais à Paris. En revanche, de son vivant, il a peu participé à la création du musée Léon Dierx, à Saint-Pierre de La Réunion, dont les conservateurs ont eu à cœur , depuis, de collecter les oeuvres ayant constitué la collection d'Ambroise Vollard.


Au-delà d'Ambroise Vollard, ce livre présente un aperçu du monde de l'Art de la fin du 19ème siècle jusqu'à la veille de la deuxième guerre mondiale : les difficultés des artistes, les rivalités entre les marchands, les accords cachés entre eux, comme par exemple à l'occasion de la vente Degas. Il propose de nombreux extraits de presse ainsi que des livres écrits par Vollard lui-même.

En résumé, un livre très riche en contenu sur un homme à découvrir…

A consulter :

Sur Wikipédia, l'article consacré à Ambroise Vollard permet de voir deux portraits réalisés par Renoir et Cézanne.

Le site réalisé par le lycée Ambroise Vollard à Saint-Pierre de la Réunion est magnifique .

jeudi 17 janvier 2008

Maria avec et sans rien


Maria avec et sans rien - Joan Didion
Pavillons Poche - Editions Robert Laffont (2007)
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Rosenthal

Maria Wyeth a trente et un ans, elle est divorcée, elle a une fille de quatre ans, Kate, qui est internée, en raison de problèmes mentaux. Maria a joué dans deux films de son ex-mari, Carter, qui n'ont pas eu de succès et sa carrière d'actrice n'a pas décollé. Maria est enfermée dans un établissement médical, les médecins l'incitent à écrire ce qui s'est passé dans vie, ce qui l'a amenée là. Alors Maria raconte : son enfance dans le Nevada, ses parents, son arrivée à New York où elle est venue pour s'inscrire à un cours d'art dramatique, ses débuts de comédienne. D'après son amie Hélène, Maria n'est qu'une égoïste. D'ailleurs, elle a tué BZ, le mari d'Hélène, ce que confirme Carter, l'ex-mari de Maria.

Puis, en quatre-vingts chapitres dont certains comprennent seulement quelques phrases, le narrateur relate comment ces personnages en sont arrivés là. Il décrit les errances de Maria, ses longs trajets sur l'autoroute, ses arrêts dans les stations-service pour parler à l'employé et entendre le son de sa propre voix.
"Au cours du premier mois chaud de l'automne qui suivit l'été où elle quitta Carter, l'été où Carter la quitta, l'été où Carter cessa d'habiter la maison de Beverly Hills, une saison pénible en ville, Maria parcourut onze mille kilomètres au volant de la Corvette. Parfois, la nuit, la terreur s'emparait d'elle, la baignait de sueur, envahissait son esprit d'images brèves et dures de Les Goodwin à New York, de Carter là-bas dans le désert avec BZ et Hélène et de l'irrévocabilité de ce qui semblait déjà s'être passé, mais elle ne pensait jamais à rien de tout ça sur l'autoroute."
Il raconte le vide de son existence, ses peurs et ses angoisses, l'incompréhension de ses proches, la superficialité de ses relations personnelles et professionnelles, dans ce milieu aisé de la côte Ouest, dans le monde de la production cinématographique. Alors que Maria ne souhaite qu'une chose : vivre heureuse avec sa fille Kate.

J'au lu rapidement ce livre de Joan Didion, paru en 1970, à la fois parce qu'il est assez court (233 pages) et aussi parce que le style très épuré et très froid ne donne pas envie de s'attarder sur les évènements que traverse Maria, tant sa vie semble glauque et désordonnée. Elle, qui ne cherche que l'amour et la tendresse, se heurte à l'incompréhension et l'indifférence d'un milieu qui fait froid dans le dos.
A lire uniquement si on a le moral au beau fixe…
L'article de Lire, à l'occasion de la sortie du dernier livre de Joan Didion, "L'année de la pensée magique", et de la réédition de "Maria avec et sans rien".
Ajout du 30/01 : Ce billet du Buzz Littéraire en parle très bien.

vendredi 4 janvier 2008

Les huit dragons de jade

Les huit dragons de jade - Gérard Delteil
Edition Philippe Picquier – collection Picquier Poche.

La tribu chinoise des Mhu a dû fuir la Chine il y a 10 siècles et s'est installée au Vietnam. Depuis une femme assure la garde des huit dragons de jade, petites statuettes qui représentent le bien le plus précieux des Mhu.

Au XXème siècle, la jeune Kouei Houa fuit le Vietnam sur une embarcation de fortune en compagnie d'autres boat-people. Le bateau est intercepté par des pirates thaïlandais . Kouei Houa, d'abord enlevée par les bandits, est miraculeusement épargnée par leur chef, qui leur laisse la vie sauve et les renvoie vers leur triste exil.

Didier Pierlin, journaliste à Paris, est, sans le savoir, un descendant des Mhu. Son rédacteur en chef lui demande une série d'articles sur les chinois de Paris. Pierlin, qui n'est pas du tout intégré à la communauté asiatique reprend contact avec sa tante Zhu, afin d'obtenir des informations et des pistes d'enquête. En la quittant, il croise Kouei Houa qui l'impressionne par son charme et sa beauté.

Hélas, la tante Zhu est assassinée. A la fois pour se disculper vis-à-vis de la police, continuer son enquête et protéger Kouei Houa qui semble être impliquée dans l'affaire, Pierlin va être entraîné dans une aventure, au cours de laquelle il va côtoyer des envoyés des triades de Hong-Kong, la famille de M. Li, riche émigré chinois influent et même des agents de la CIA.

Un polar divertissant qui fait voyager à la fois dans le temps et dans le monde et qui confronte la tradition chinoise à des réalités modernes beaucoup plus matérielles et périlleuses.

Ce livre a été pour moi l'occasion de découvrir l'auteur Gérard Delteil. Sa biographie, que j'ai trouvée sur ce site, fait découvrir un homme qui a vécu de multiples expériences et les a utilisées comme toile de fond pour ses nombreux livres.

mardi 1 janvier 2008

Bonne année 2008 !





A vous qui passez par ici, je souhaite une bonne et heureuse année 2008.