dimanche 3 janvier 2016

Ce qui est arrivé aux Kempiski

Ce qui est arrivé aux Kempiski - Agnès Desarthe

Éditions de L'Olivier (2014)

Pour espérer savoir ce qui est arrivé aux Kempiski, il vous faudra attendre la fin de ce recueil de 14 nouvelles puisque celle qui donne son titre à ce roman d’Agnès Desarthe en est la dernière.
 

A chaque fois que je lis un livre d’Agnès Desarthe, il me vient la même question : Où va-t-elle chercher son inspiration ? Les personnages qu’elle met en scène sont toujours crédibles, mais très éloignés de mon univers et je m'interroge sur ceux qui les ont inspirés. Les situations qu’elle décrit sont si vivantes que j’ai l’impression de regarder un film, j’entends les bruits, je visualise les couleurs, tout est là devant moi, comme derrière une vitre légèrement opaque.
 

Ici, c’est donc au moins une dizaine de fois que je me suis posé la même question, en lisant les séquences de vie des héros et héroïnes qu'elle nous propose dans ces nouvelles.

Dans Faire son piano, c’est une jeune femme qui se culpabilise de ne pas travailler suffisamment son piano et qui appréhende son rendez-vous avec Mme Greffuhle, son professeur. Mais ce piano existe-t-il vraiment ?
 

Dans Le disciple, c’est un jeune professeur qui toute sa vie est à la recherche de celui ou de celle à qui il pourra transmettre son savoir, communiquer son amour de la littérature et de la poésie.
 

J’ai beaucoup aimé L’oreille humaine, un court texte de trois ou quatre pages, où une jeune femme retranscrit les chants des oiseaux, refusant l’aide de tout appareil moderne, vivant un peu comme une sauvage en pleine nature, mais équipée du Wifi, quand même !
 

Une leçon de vol libre m’a confortée dans ma résolution de ne jamais tenter de saut à l’élastique.
 

L’homme à la tête de hibou raconte une rencontre entre deux hommes au cours d’une croisière et c’est typiquement le genre d’histoire où je m’interroge sur la source de l’inspiration de son auteur.
 

J’ai aussi beaucoup aimé la Lettre ouverte qu’écrit Solange Zitomer à ses patients, elle qui exerce comme psy dans un village de l’île d’Oléron depuis quarante ans, elle qui sait écouter et apprendre des autres.
 

Dans Tonton Achille, une jeune femme rencontre une ordonnatrice de pompes funèbres qui lui est d’un grand secours lorsqu’elle doit organiser les obsèques d’un ami de son père.


Il ne se passe jamais rien ici, selon Philémon, adolescent boudeur que sa mère, Léna, ne comprend que trop bien. Sortie faire un tour dans la campagne pour échapper à l'ambiance pesante, elle retrouve son énergie suite à sa rencontre avec un faisan bavard.

 
J’ai jubilé à la lecture du rapport que propose Le comité, organe de contrôle de nos vies conjugales, presque de la science-fiction !
 

J’ai souri à la lecture de La table de Mendeleïev, une histoire de chimie et d’imposture, sans doute parce que, malgré le titre, il y est si peu question de chimie, que j’y ai retrouvé, bizarrement, mon parcours professionnel. J’ai étudié la chimie, je suis diplômée et je n’ai jamais travaillé dans le domaine. Excusez cet aparté qui n’a rien à voir avec l’histoire racontée dans cette nouvelle. Mais c’est un bon exemple des chemins où nous emmène Agnès Desarthe avec ses mots.
 

Vingt-quatre marches, c’est un thé partagé entre une jeune femme et un menuisier, venu faire un devis pour la réparation d’un escalier.
 

L’oreille du diable, c’est le texte dont l’éditeur a choisi un extrait pour la quatrième de couverture. Je ne le trouve pas forcément représentatif de l’ensemble du recueil. Encore une preuve, s’il en fallait, qu’il ne faut pas se fier aux quatrième de couv’. C’est une confrontation entre une jeune femme et le diable qui essaye de conclure un marché avec elle. Pas sûre qu’il soit gagnant dans cette histoire !
 

Pseudonyme, c’est encore une rencontre improbable, entre un jeune écrivain venu donner une séance de dédicaces et une vieille dame, dans le train du retour.
 

Dans Ce qui est arrivé aux Kempiski, enfin, il est encore question de piano, mais aussi d’Histoire et de Shoah, de tentation et de rencontre ratée. Mais, je dois vous l’avouer, si vous espériez encore savoir ce que sont devenus les Kempiski, vous serez déçus, il vous faudra sans doute attendre un autre roman d’Agnès Desarthe ! 
 

Moi qui reste souvent sur ma faim à la lecture de nouvelles, j’ai plutôt apprécié ce recueil, tellement les histoires sont variées, tellement les chutes m'ont surprise, tellement j’ai été embarquée vers des épisodes personnels, rien qu’à la lecture de certaines phrases, qui n’avaient pourtant rien à voir à priori avec mon univers. Merci Agnès !

Une vidéo pour découvrir ce qu'en dit l'auteur elle-même : 

 

D'autres avis sur Babelio et chez Philisine Cave, Cathulu et Clara

2 commentaires:

  1. Je lis peu de nouvelles en général mais j'aime bien l'auteure et ce que tu dis de ce recueil me plaît bien, surprises et diversité :-)

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    1. Oui, je crois qu'il y en a pour tous les goûts !

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