lundi 26 juin 2017

Harry Potter à l'école des sorciers

Harry Potter à l’école des sorciers – J. K. Rowling

Gallimard Jeunesse (1998)
Traduit par Jean-François Ménard


Je l’ai entendu ce matin sur France-Inter et j’en ai trouvé des échos dans la presse : Aujourd’hui, il y a 20 ans exactement qu’a été publié le premier tome des aventures d’Harry Potter. Coïncidence, c’est aujourd’hui que je termine ma première lecture de ce roman pour la jeunesse, que pour une fois, mes enfants ont lu avant moi !

Eh bien, contrairement à ce qui se passe parfois lorsqu’on se décide à lire un texte encensé partout et qu’on ressent une petite pointe de déception, j’ai trouvé beaucoup de plaisir dans cette lecture et j’ai compris pourquoi ce premier épisode avait déclenché un tel engouement.

Je craignais une histoire compliquée, des personnages multiples aux noms biscornus et des créatures imaginaires toutes plus bizarres les unes que les autres ! Je me trompais, on entre doucement dans l’univers d’Harry Potter, un environnement assez banal au début puisqu’Harry ignore tout de ses dons et de son histoire familiale et on les découvre avec lui, au fur et à mesure, en douceur presque.

Contrairement aux films qui ont été tirés des romans - et dont j’ai vu certains, quand même – il y a dans ce livre beaucoup moins de choses qui font peur. Peu de sensationnalisme dans les descriptions, tout est vu au travers des yeux des enfants. La sagesse et la candeur d’Harry contribue à installer une ambiance confiante et presque détendue, animée par les séances de Quidditch, les sorties de nuit dans la forêt interdite et les intrusions à l’étage expressément défendu !

Je termine donc ce premier tome, enchantée de ma lecture et prête à découvrir la suite. Mais je ne vais pas me précipiter car j’ai d’autres livres plus sérieux qui m’attendent sur ma table de nuit et qui sauront aussi, j’en suis sûre, me captiver !    

jeudi 15 juin 2017

Le monde selon Bertie

Le monde selon Bertie – Alexander McCall Smith

Éditions 10/18 (2010)
Traduit par Élisabeth Kern


Déjà presque six ans depuis ma dernière lecture des chroniques d’Édimbourg ! En commençant ce tome 4, Le monde selon Bertie, je me suis tout de suite retrouvée en terrain connu, avec l’impression de renouer avec de vieux amis ! Comment ai-je pu laisser passer tout ce temps !

Domenica est revenue de son expédition à Malacca et a repris possession de son appartement. À sa grande surprise, son amie Antonia, qu’elle avait hébergée pendant son absence, a acheté l’ancien appartement de Bruce, sur le même palier et elles se retrouvent donc proches voisines. Et bizarrement, Domenica n’apprécie pas cette proximité ! Mais, difficile de faire part de cette contrariété à Angus, très préoccupé lui-même car son chien, Cyril, est retenu à la fourrière, accusé d’avoir mordu des passants.
Pat est toujours étudiante et elle a regagné le domicile parental. Elle travaille quelques demi-journées par semaine à la galerie de Matthew, officiellement son petit ami. Mais elle s’interroge sur la tiédeur de leur relation, d’autant plus lorsqu’elle croit apercevoir Bruce dans la rue et qu’elle se souvient des sentiments qu’il lui inspirait, même si elle est certaine de ne plus succomber à son charme. Matthew se pose lui aussi des questions sur sa vie sentimentale et professionnelle, surtout lorsqu’il compare son existence à celle de Big Lou, la tenancière du café près de sa galerie d’art. Celle-ci semble avoir retrouvé l’amour en la personne de Robbie, mais les amis jacobites de celui-ci, c’est-à-dire nostalgiques du règne des Stuart, lui sont un peu moins sympathiques.
Pat ne s’est pas trompée, Bruce est bien de retour à Édimbourg, après un séjour londonien qui n’a été qu’un demi succès, et il compte bien reprendre ses habitudes dans sa ville qui ne lui paraît plus aussi terne et sans intérêt, finalement. D’ailleurs, la rencontre avec Julia Donald, une jolie fille à papa, lui offre de belles perspectives, à la fois amoureuses et professionnelles. On dirait que la chance lui sourit de nouveau !
Et puis, n’oublions pas Bertie, qui espérait tant de l’arrivée de son petit frère et qui doit déchanter très vite ! En effet, Irène, sa mère, malgré toute l’attention que suscite Ulysse, n’a pas du tout réduit ses attentes vis-à-vis de son fils ainé. Il lui faut toujours subir les cours d’italien et de saxophone et les séances chez le psychothérapeute. Bertie est d’ailleurs interpellé par la ressemblance entre Ulysse et le Dr Fairbairn et surpris par les réactions d’Irène, de Stuart et du docteur lorsqu’il leur fait part de ses observations. À l’école, la situation reste compliquée car Bertie est confronté à l’insistance d’Olive, une petite camarade de classe autoritaire et manipulatrice, qui réussit à se faire inviter chez Bertie alors qu’il ne souhaite qu'a l’éviter. La vie n’est pas facile quand on n’a que six ans !


J’ai retrouvé ces chroniques écossaises avec plaisir. Elles retracent des évènements sans importance, des petits bonheurs furtifs et des contrariétés quotidiennes, les petites choses de la vie qui s’écoule paisiblement, les interrogations de certains qui sentent bien qu’il leur manque on ne sait quoi pour être complètement heureux et les certitudes d’autres qui ont l’assurance d’être parfaits.

Il se dégage toujours autant d’humour de ces épisodes et encore, je suis certaine de passer à côté de beaucoup de choses, moi qui ne suis pas familière de l’Écosse et encore moins d’Édimbourg ! La plume d’Alexander McCall Smith est agréable, caustique quand il le faut mais pleine de tendresse pour ses personnages que j’ai hâte de retrouver dans le prochain opus !

lundi 5 juin 2017

Un café maison

Un café maison – Keigo Higashino

Traduit du japonais par Sophie Refle
Actes Sud (2012)


Résoudre un crime parfait, c’est à cela que sont confrontés l’inspecteur Kusanagi et sa collègue Kaoru Utsumi. 
Qui a empoisonné Yoshitaka Mashiba en mettant du cyanure dans son café ? Et surtout, comment l’assassin a-t-il procédé ? 
Il y a évidemment des suspects, à commencer par l’épouse de la victime, Ayané, d’autant que son mari venait de lui annoncer qu’il allait la quitter car elle ne lui avait pas donné d’enfant en un an de mariage. Mais l’inspecteur Kusanagi ne peut croire en sa culpabilité et d’ailleurs, elle a un alibi inattaquable : elle se trouvait chez ses parents à Sapporo, où elle était allée passer quelques jours après l’annonce de son mari. Il pourrait aussi s’agir de Hiromi Wakayama, l’assistante d’Ayané mais également maitresse de Yoshitaka. Mais quel intérêt aurait-elle eu à empoisonner son amant, alors qu’elle porte son enfant et qu’il s’apprêtait à quitter sa femme pour elle ? 
Encore une fois, les policiers vont devoir se faire aider par Manabu Yukawa, le directeur du laboratoire de physique de l’université et accepter de mettre leurs à priori de côté pour envisager toutes les hypothèses, même les plus improbables.

Ce roman de Keigo Higashino ressemble beaucoup à une autre enquête du même auteur, Le déroulement du suspect X, tout du moins dans son processus de résolution. Là, on connaissait le coupable et le suspens était de savoir si la police allait réussir à le trouver.
Ici, dès les premières pages, Higashino fournit au lecteur un très gros indice, presqu’un aveu de la part de la principale suspecte, pour aussitôt noyer les pistes sous un ensemble d’alibis et d’incapacités matérielles contradictoires, ce qui fait que le lecteur ne sait plus où il en est. On suit alors avec jubilation le cheminement de Yukawa, qui va devoir exercer toutes ses compétences d’imagination, de déduction et de persuasion pour élucider ce crime parfait et convaincre les deux policiers de son approche.

Une réussite que ce roman, en particulier grâce à l’étude psychologique des personnages qui rend la victime si antipathique et suscite une certaine empathie pour son assassin, même si son côté calculateur peut rétrospectivement faire froid dans le dos.